Création culturelle
PETITE HISTOIRE DU ROMAN POLICIER ITALIEN ET SUR L’ITALIE ET LA ROME ANTIQUE
La réalité historique n'est parfois jamais mieux évoquée et comprise que par le roman policier
En voici quelques-uns d'auteurs italiens ou étrangers sur différentes périodes et divers lieux de l'histoire gréco-romaine et italienne. C'est le meilleur de la littérature italienne.
I.- Petite histoire du "giallo" en Italie
En Italie, le roman policier s'appelle "il giallo" (le jaune). Le mot est dû à la première publication d'une collection par Arnaldo Mondadori en 1929, à partir d'une idée de Luciano Montano et Luigi Rusca (1894-1980) : les couvertures en étaient jaunes (la collection de Mondadori s'appelait "Libri gialli"). Le terme français de "Noir" est popularisé en 1946 par le critique Nino Frank, parce que la couverture des polars français était noire. En anglais on parlera simplement de "thriller" (de to thrill = frissonner, palpiter), en américain de "hard boiled" (= cuit, bouilli). En Italie, le mot "noir" a été repris pour désigner les romans où le crime reste non élucidé et non puni.
On fait remonter l'origine du roman policier à Edgard Allan Poe en 1841, avec des romans comme La lettre volée ; mais le roman policier italien commence beaucoup plus tôt, on parle souvent d'un texte publié à Venise en 1557, Peregrinaggio di tre giovani figliuoli del re di Serendippo, d'un italien originaire du Moyen-Orient, interprète de la culture persane, Cristoforo Armeno, qui a inspiré Voltaire dans un de ses contes de Zadig, Le chien et le cheval (1748). On cite encore le trop oublié Francesco Mastriani (1819-1891), écrivain napolitain, auteur d'œuvres de théâtre et de romans (parmi lesquels I misteri di Napoli en 1869-70) dont Il mio cadavere (1853), considéré comme une première ébauche de "giallo". Il fut un des plus abondants et des plus populaires des écrivains napolitains et Benedetto Croce en a souvent parlé (Voir La letteratura della nuova Italia) ; il crée le personnage du policier Lecocq, de la Sûreté. Gramsci le cite dans les Quaderni del Carcere, Éd Gerratana, pp. 344 et 2118. Carolina Invernizio publie le premier féminin en 1905, L'albergo del delitto.
L'Italie commença par traduire les classiques du roman policier, Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle, Hercule Poirot d'Agatha Christie (1890-1916), Miss Marple (idem), Nero Wolfe de Rex Stout (1886-1975), etc., et il y eut quelques initiatives locales comme celles de Augusto De Angelis (1888-1944, tué par un milicien fasciste), qui crée le personnage du commissaire Carlo De Vincenzi, qui sera incarné au cinéma par Paolo Stoppa en 1974 et 1977, sorte de "commissaire Maigret" à l'italienne, qui cite souvent Freud ; mais le fascisme, auquel De Angelis n'était pas favorable, était hostile au roman policier, et De Angelis fut mis sous le boisseau, puis republié aujourd'hui par l'éditeur Sellerio. Le Minculpop (Ministère fasciste de la Culture Populaire) imposait aux auteurs de romans policiers de situer leurs romans à l'étranger ou parmi des étrangers de passage en Italie : les coupables ne pouvaient être qu'étrangers ! On n'avait pas non plus le droit de parler de "suicide" ! Le roman policier contribuait à mal éduquer la jeunesse ! Et en 1943, le Minculpop interdit carrément le polar, faisant saisir ceux qui étaient déjà publiés, malgré les protestations d'Augusto De Angelis.
Il y eut malgré tout de nombreux auteurs, souvent journalistes ou auteurs de théâtre, qui écrivirent des romans policiers, Ezio d'Errico, Vasco Mariotti, Armando Gomez, Tito A. Spagnol. Ce dernier crée le personnage de Don Poldo, un prêtre détective très original ; Ezio D'Errico invente le commissaire Émile Richard, inspecteur de la Sûreté de Paris.
On peut citer aussi Alessandro Varaldo, avec sa publication de Il sette bello en 1931, chez Mondadori ; il crée aussi les personnages du commissaire Ascanio Bonichi (Hommage au chef de la police fasciste Arturo Bonichi ?) et du détective Gino Arrighi.
Après la guerre, le public habitué aux "téléphones blancs" du fascisme, découvre les films importés d'Hollywood, les traductions des romans américains et les auteurs de "gialli" tels que Cain, Raymond Chandler, Fearing, Fischer, Hammett, Macdonald, etc. et la collection "jaune" de Mondadori reparaît en 1946 avec un roman de D'Errico, La nota della lavandaia, publiant 336 volumes jusqu'en 1955 (pour 39 titres italiens publiés entre 1929 et 1941) : Il sepolcro di carta de Sergio Donati, Tempo di massacro et Viatico per Marianna de Franco Enna, Tre soldi e Boero et Tre soldi e il duca de Giuseppe Ciabattini, créateur d'un couple de clochards milanais investigateurs, à la Holmes et Watson. D'autres maisons d'édition publièrent des romans policiers, Longanesi, Garzanti, Feltrinelli, Rizzoli, Casini qui publie des auteurs italiens dans ses "Gialli del secolo", parmi lesquels le criminologue Giovanni Marti. Malgré tout la diffusion est faible, diminue souvent, et elle est férocement attaquée par la presse d'extrême-droite, qui accuse le "giallo" de "fournir des idées aux criminels" ! (Un délinquant de Turin, qui avait commis le crime de via Fontanesi semblait s'être inspiré d'un roman jaune italien, Uccidevano di notte). Alors les auteurs italiens se laissaient aller au genre pornographique ou écrivaient sous des pseudonymes américains (Enna utilise celui de Conrad A. Roberts ou de Lislie (sic) Chambers) ; ils pouvaient aussi adapter des scénarios de films passés à la télévision (comme le fit Pietro Chiara avec I giovedì della signora Giulia en 1970).
La situation ne se libéra qu'avec les années '60, où on commença à écrire des romans plus proches de la réalité historique et sociale de l'Italie, sur le modèle de la traduction du roman de Ruth Rendell, Il mio peggiore amico, en 1970. Garzanti ouvre sa nouvelle collection de "Gialli" ; on découvre Scerbanenco en 1966. C'est alors la renaissance du roman policier italien, accentuée par la diminution de l'analphabétisme, entre autres grâce à une télévision alors de plus grande qualité que celle d'aujourd'hui.
Dans les années '70, on va rééditer beaucoup de romans oubliés des années du fascisme, par exemple de Augusto De Angelis, et en tirer parfois des séries télévisées, et puis apparaissent les auteurs nouveaux dont nous parlerons plus loin. Longanesi édite Franco Enna sous son nom (après avoir publié sous divers pseudonymes) qui lance deux séries, celle du commissaire Sartori et celle de l'adjudant Lo Cascio, et fait connaître Giuseppe Bonura dans Morte di un senatore en 1978 et la même année Secondo Signoroni dans Qui commissariato di zona. Ce n'est qu'en 1979 que Loris Rambelli publie la première histoire du "giallo" (Cf. Bibliographie).
Nous verrons la forme que prend le roman policier contemporain, à différents moments de l'histoire et selon l'origine géographique des auteurs. On est frappé du nombre d'auteurs étrangers, surtout anglo-saxons, qui ont écrit des romans policiers sur l'histoire et la vie italiennes.
Remarquons aussi que de nombreux romans policiers italiens sont "historiques", en ce sens que le contexte social, économique, politique du pays est en général évoqué à travers l'enquête policière elle-même, ce qui fait souvent de ces livres des essais pleins d'enseignements sur l'histoire de l'Italie.
II.- Quelques auteurs de "gialli" par ville ou région
Sur la Grèce et l'Égypte antiques
Margaret DOODY (1939 - ), spécialiste de littérature anglaise est aussi l'auteure canadienne de 7 romans policiers historiques ayant pour personnage le philosophe grec Aristote, dont plusieurs ne sont pas encore traduits : Aristote détective, 10/18, 2695 (1998), Aristote et l'oracle de Delphes, 10/18, 3528, 2003, Aristote and The Poetic Justice, 2000, Aristote et les secrets de la vie, 10/18, 3257, 2005, Aristote and The Secrets of Life, 2002 ; Aristote et les Belles d'Athènes, 10/18, 3927, 2006, Poison in Athens, 2004.
Paul DOHERTY (Yorskshire, 1946-), professeur d'histoire, est l'auteur de plusieurs romans policiers historiques sur l'Égypte ancienne, à travers le personnage du juge Amertké, dont plusieurs sont traduits dans les Éditions 10/18.
Sur la Rome antique
Danila COMASTRI MONTANARI (Bologne, 1948 -) est enseignante, et à partir de 1990 se consacre à l'écriture de romans policiers historiques, créant en particulier le personnage de Publio Aurelio Stazio, sénateur de Rome au 1er siècle après J.C., sur lequel elle a publié 18 romans, dont le dernier est de 2015 (Saxa Rubra, Mondadori) ; mais elle écrit aussi plusieurs autres romans policiers historiques : Parce Sepulto 10/18, 3760, 2005, Morituri te salutant, 10/18, 3702, 2004, Cave canem, 10/18, 3701, 2004, Spes, ultima dea, 10/18, 2006, Cui prodest, 10/18, 2006.
Anne de LESELEUC est née en 1927 sous le nom d'Anne-Marie Briois. Elle est actrice, romancière et historienne, connue sous les noms d'Anne Carrère et de Sophie Raynal. Elle épouse Alain de Leseleuc en 1967 et l'aide dans sa carrière jusqu'à la vente du Théâtre de Paris dont il est directeur, en 1975. Elle reprend ensuite des études en archéologie à l'Université de Paris-Sorbonne et passe son Diplôme de l'École du Louvre en 1979 ; elle publie alors plusieurs romans policiers sur la Gaule et la Rome antique, consacrés à l'avocat romain d'origine gauloise Marcus Ager, descendant de Vercingétorix, sorte de cousin d'Astérix, amateur de poulet farci, de femmes et de cervoise, et qui résout toujours ses énigmes dans ses ultimes plaidoiries au tribunal : Les vacances de Marcus Ager, 10/18, 2300, 1992, puis 2003, Marcus Ager chez les Rutènes, 10/18, 2384, 1993, Marcus Ager et Laureolus, 10/18, 2471, 1994, Les calendes de septembre, 10/18, 2606, 1995, Le trésor de Boudicca, 10/18, 2810, 1997. Elle écrit aussi des ouvrages historiques sur la Gaule.
Steven SAYLOR est né au Texas en 1956 ; toujours fasciné par l'Antiquité romaine, il passe un diplôme d'histoire et de littérature de l'Antiquité à l'Université du Texas et, après avoir été journaliste, il publie plusieurs romans policiers sur la Rome antique, dont le personnage principal est Gordien, un privé un peu teigneux et son fils Eco, qui s'attachent à élucider des crimes que l'on attribue trop facilement à des esclaves ou à des personnages marginaux. Avec eux on parcourt sur un rythme haletant les villas romaines, les banquets, les jeux du cirque, ou on consulte la sibylle de Cumes, dans une évocation intéressante de la Rome antique : Du sang sur Rome, 10/18, 2996, 1998, Les pilleurs du Nil, 10/18, 2017, L'étreinte de Némésis, 10/18, 3064, 1999, L'énigme de Catilina, 10/18, 3099, 2016, Un égyptien dans la ville, 10/18, 3143, 1999, Meurtre sur la voie Appia, 10/18, 3413, 2002, les rivalités entre bandes de populistes pour des élections populaires. Très Le triomphe de César, 10/18, 2015.
Sur l'Italie en général
Charles EXBRAYAT (Saint-Étienne, 1906-1989), auteur de très nombreux romans essentiellement policiers, et en particulier certains dans la série Tarchini du Masque : Chewing-gum et spaghetti, 1960, Le plus beau des bersagliers, 1962, Chianti et Coca-Cola, 1966, Le Quintette de Bergame, 1967, Ces sacrées Florentines, 1969, La belle Véronaise, 1972, Des amours compliquées, 1976, Mets tes pantoufles, Roméo, 1983. Plusieurs autres romans d'Exbrayat ont pour lieu l'Italie. Il est aussi l'auteur du personnage d'Imogène.
Sur le Moyen-âge italien
Umberto ECO (Alexandrie, 1932-2016). Ce philosophe, écrivain, sémiologue, écrit un premier roman policier historique en 1980, traduit en français chez Grasset, Il nome della rosa, Le nom de la rose.
"En 1327, la chrétienté est en crise. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et partisans d'un pape amateur de richesses. Dès son arrivée, il se voit prié par l'abbé de découvrir au plus vite la raison de la mort violente d'un de ses moines, retrouvé assassiné. L'inquisiteur Bernard Gui, dont la réputation de cruauté n'est plus à faire, est attendu, et l'abbé craint pour l'avenir de son abbaye. Tel un ancêtre de Sherlock Holmes, Baskerville se met à l'ouvrage, assisté du jeune Adso de Melk. D'autres morts vont venir compliquer sa tâche".
L'abbaye se trouve dans le sud de la France, mais le livre est plein de références à l'histoire de l'Italie, de l'ordre franciscain, avec des textes (du copié/collé, reconnaît Eco, comme le récit du procès de Fra Michele Minorita à Florence à la fin du XIVe siècle). Eco écrit en 1988 un second roman policier, Il pendolo di Foucault, Le Pendule de Foucault, qui se rapporte aussi en grande partie à l'Italie.
Sur la Renaissance italienne
Elisabeth EYRE (Londres 1926-) est le nom de plume de deux écrivaines anglaises, Jill Staynes et Margaret Storey, auteurs en particulier d'une série de romans policiers historiques qui ont pour sujet les aventures de Sigismondo, un héros "grand détective" accompagné de son serviteur fidèle, Benno, et de son petit chien à une oreille, dans une ville de la Renaissance qui pourrait être Urbino. Entre Commedia dell'Arte et roman policier, personnages mystérieux, histoires terribles et sanglantes, pleines d'humour : Mort d'une duchesse, 10/18, 3115, 1999, Rideau pour le cardinal, 10/18, 3180, 2000, Du poison pour le prince, 10/18, 3301, 2001, Un tueur pour la mariée, 10/18, 2001, Une hache pour l'abbé, 10/18, 3418, 2002.
Dans l'Italie contemporaine
Iain PEARS (Coventry, 1955 - ) est historien de l'art, romancier et auteur de romans policiers. Il est d'abord ouvrier dans une fonderie, puis après avoir fait ses études, il devient professeur à l'Université d'Oxford et journaliste, et il eut un poste de correspondant au Vatican, d'où sa bonne connaissance de l'Italie. Il publie entre autres une série de romans policiers qui évoquent les problèmes de l'art, des vols de tableaux et des trafics existant dans ce domaine. Ses personnages sont le général Taddeo Bottando, la jolie et fine enquêtrice Flavia di Stefano et son fiancé puis mari Jonathan Argyll, employé d'une galerie d'art londonienne ; ils enquêtent sur des escroqueries, enlèvements d'œuvres d'art, trafics douteux, à Rome ou dans des palais toscans. Bons romans policiers sur un problème de grande actualité en Italie : L'affaire Raphaël, 10/18, 3365, 1999, Le comité Tiziano, 10/18, 3366, 2000, L'affaire Bernini, 10/18, 3454, 2001, Le Jugement dernier, 10/18, 3576, 2003, Le mystère Giotto, 10/18, 3706, 2003, L'énigme San Giovanni, Belfond, 2004, Le secret de la Vierge à l'enfant, 10/18, 2006.
À Turin et au Piémont
Carlo FRUTTERO (1926-2012) et Franco LUCENTINI (1920-2002) sont mieux connus en France. Ils travaillent en équipe, formant ce qu'on appellera "la Ditta", collaborant dans le journalisme et l'écriture de romans policiers et autres, très lus en France : La donna della domenica, 1972, traduction, La femme du dimanche, 1984 et Points/Seuil, 1999, Il palio delle contrade morte, 1983, Place de Sienne, côté ombre, Points/Seuil, 1985, La prevalenza del cretino, 1985, La prédominance du crétin, Livre de Poche, 1990, L'amante senza dimora fissa, 1986, L'amant sans domicile fixe, Points/Seuil, 1989, Enigma in luogo di mare, 1991, Ce qu'a vu le vent d'ouest, Seuil, 1993.
À Milan et en Lombardie
Giorgio SCERBANENCO (1911-1969), est né à Kiev de père ukrainien et de mère italienne. Il est le créateur du personnage de Duca Lamberti, ancien médecin radié de l'Ordre pour euthanasie, qui collabore avec la Préfecture de Milan pour résoudre les crimes les plus noirs et crapuleux de la ville. Il est un des promoteurs du roman policier italien et un des meilleurs auteurs italiens de romans policiers noirs, qui évoquent avec bonheur la réalité de la capitale économique italienne.
Il travailla d'abord chez Rizzoli, dut s'enfuir en Suisse en 1943, et revint vivre dans le Frioul après la guerre. Son premier "giallo" est de 1940, Sei giorni di preavviso, puis à partir de 1966, il invente le personnage de Duca Lamberti, dont l'aspect très noir contraste avec l'optimisme superficiel de l'époque du boom économique. Il est auteur de nombreux autres romans : Vénus privée, 10/18, 1603 et Rivages, 2010, Les enfants du massacre, 10/18, 1604 et Rivages, 2011, À tous les râteliers, 10/18, 1605, Les Milanais tuent le samedi, 10/18, 1645 et Rivages, 2011.
À Rome
Giancarlo DE CATALDO (Tarente, 1956 - ). Après ses études, installé à Rome, il est nommé juge à la Cour d'Assises, mais parallèlement, il est écrivain, scénariste, journaliste. Son roman policier historique, Romanzo criminale, Einaudi, 2002, est traduit aux Éditions Métailié en 2006, réédité en Points/Seuil en 2007 et 2015.
Entre l'enquête policière et le roman policier, l'ouvrage raconte l'histoire d'une bande de voyous de la Magliana qui avaient terrorisé Rome des années 70 aux années 90, faisant apparaître l'histoire souterraine de l'Italie, Loge P2, terrorisme noir néofasciste, assassinat d'Aldo Moro, etc, avec une série de personnages noirs très forts, "roman épique d'une incroyable puissance" adapté au cinéma par Michele Placido.
À Naples
Andrea CAMILLERI est l'auteur d'une série de romans policiers dont le héros est le commissaire Salvo Montalbano, sicilien de Porto Empedocle. Il écrit dans une langue originale, mélange d'italien officiel, de dialecte sicilien et d'italien sicilianisé. Voir en particulier : La forme de l'eau, 1998, Fleuve noir, Le chien de faïence, ibid., 1999, Le voleur de goûter, ibid. 2000, La voix du violon, ibid., L'excursion à Tindari, ibid., La démission de Montalbano, Ibid, Le tour de la bouée, ibid, 2005.
En Sardaigne
La Sardaigne a aussi inspiré des auteurs de romans policiers, souvent liés à son histoire et à ses paysages uniques. Plusieurs écrivains contemporains ont situé leurs intrigues dans cette île méditerranéenne aux traditions fortes et aux mystères anciens.
7.5. La littérature : le roman policier (suite 2)
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À Rome
Donato CARRISI (Martina Franca, 1973- ), de formation juridique et spécialiste en criminologie, est l'auteur d'une thèse sur un tueur en série italien, Luigi Chiatti (1968- ) aujourd'hui incarcéré ; il s'en inspirera pour son premier roman, où apparaît l'enquêtrice Mila Vasquez : Il suggeritore, Longanesi, 2009. Trad. française, 2009, Calmann-Lévy, Le Livre de Poche, Le chuchoteur : on découvre dans 5 fosses le bras gauche de 5 petites filles disparues. L'inspecteur Goran Gavila va intervenir avec l'experte Mila Vasquez.
Gilda PIERSANTI (Tivoli, 1957-), vit à Paris depuis 1987, après des études de Lettres classiques à Rome et une thèse sur l'esthétique de Baudelaire. Elle écrit plusieurs romans policiers qui se déroulent à Rome, et dont les personnages principaux sont le commissaire D'Innocenzo et l'inspectrice Mariella De Luca, qui alterne une vie professionnelle très efficace et une vie sexuelle un peu débridée ; sa coéquipière est la belle Silvia Di Santo. La série s'appelle "Saisons meurtrières" : Rouge abattoir, Pocket, 2008, Vert Palatino, Sixfrid, 2015, Bleu catacombe, Passage, 2015, des têtes coupées et une référence à la Judith biblique, Jaune Caravage, Pocket, 2010, à Rome en septembre 2006, Roma enigma, Sixfrid, 2015, nouveau volet du cycle, Vengeances romaines, Sixfrid, 2016, un crime parfait à la Garbatella.
À Naples
Attilio VERALDI (Naples, 1925-Monte Carlo, 1999), d'abord traducteur de l'anglais et du suédois, il écrit des romans policiers sur l'insistance du directeur éditorial de Rizzoli ; cela en fait malgré tout un des maîtres du "giallo" italien, manifestant un mélange d'humour et de réalisme avec ces quelques romans : Pour service rendu, Sorbier, 1984, Nez de chien, Rouergue, 2008, L'amie de nos amis, Rouergue, 2010.
Maurizio DE GIOVANNI (Naples, 1958-), auteur d'une dizaine de romans vendus à des centaines de milliers d'exemplaires ; le plus récent est Anime di Vetro-Falene per il commissario Ricciardi (2015), dixième aventure du commissaire Luigi Alfredo Ricciardi, sous le fascisme.
Dans les Pouilles
Gianrico CAROFIGLIO (Bari, 1961-), fils d'une écrivaine, il devient lui-même écrivain, magistrat depuis 1986 à Prato puis à Bari et sénateur PD depuis 2008. Il écrit des thrillers juridiques, dont le personnage principal est un avocat de Bari, Guido Guerrieri : Témoin involontaire, Payot et Rivages, 2007, Les yeux fermés, Rivages, 2008, Les raisons du doute, Seuil, 2010, Le silence pour preuve, Seuil, 2011, En attendant la vague, Seuil, 2013.
En Sicile
Andrea CAMILLERI est l'auteur d'une série de romans policiers dont le héros est le commissaire Salvo Montalbano, sicilien de Porto Empedocle. Il écrit dans une langue originale, mélange d'italien officiel, de dialecte sicilien et d'italien sicilianisé. Voir en particulier : La forme de l'eau, 1998, Fleuve noir, Le chien de faïence, ibid., 1999, Le voleur de goûter, ibid. 2000, La voix du violon, ibid., L'excursion à Tindari, ibid., La démission de Montalbano, Ibid, Le tour de la bouée, ibid, 2005.
Piergiorgio DI CARA. Né à Palerme en 1967, commissaire à la brigade antimafia de Palerme, comme Camilleri, l'auteur écrit une langue qui mêle l'italien au sicilien, pour évoquer, à travers le commissaire Salvo Riccobono, des aventures inspirées de son expérience professionnelle : L'Île noire, Éditions Métailié, 2003, L'âme à l'épaule, Éditions Métailié, 2005.