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Histoire de la région Ombrie - 3° partie
HISTOIRE DE L’OMBRIE (troisième partie) Table des matières - L’Ombrie franciscaine : 1) Assise, 2) Visite de la ville, 3) Les Basiliques, 4) les sites françoisiens, 5) Penser François dans son temps, 6) Actualité de François 1) Assise Assise a sans doute connu d’abord une implantation ombrienne, de l’époque villanovienne (IXe-VIIIe siècles av.J.C.  ) et son nom pourrait venir d’un mot prélatin signifiant « la ville du faucon » ; la fréquentation est attestée dès l’âge de bronze jusqu’au VIe s. av. J.C. Elle est ensuite dominée par les Romains à partir de 399 av.J.C. sous le nom d’Asisium et elle devient municipe en 90 av.J.C. ; son nom pourrait aussi venir du latin et signifier «torrent » en référence au fleuve Assino ; la structure de la ville romaine est bien identifiable, édifiée en terrasses sur les pentes du mont Subasio, à la différence des autres villes ombriennes qui sont généralement au sommet de la colline ; elle est ceinte de murailles (fin IIe s.- début Ier s. av.J.C.), sur une voie de passage qui rejoignait la via Flaminia. Elle avait pour centre un Temple de Minerve bien conservé, du Ier s. av.J.C. Le Forum devait se trouver sous la Place de la Commune dans la zone de la cathédrale S Rufin, près de laquelle est encore visible un petit amphithéâtre occupé par des édifices médiévaux. Ces ruines sont aujourd’hui visitables. De l’autre côté du Tibre se trouvèrent les Étrusques différents par leur langue et leur culture, mais avec lesquels les rapports commerciaux furent probablement intenses. La christianisation de la ville est réalisée par saint Rufin, évêque et martyr. La ville est saccagée par les Goths de Totila en 545 et après l’invasion longobarde de 568, Assise est intégrée dans le  Duché de Spoleto. Les monastères masculins bénédictins s’installent de façon diffuse dans la montagne comme dans la plaine (Cf. ci-contre les restes de l’abbaye du mont Subasio, 1047) ; la seule construction à l’intérieur des murs est le prieuré de S. Paul de 1071 ; le monastère de S. Pierre n’est inséré dans les murs qu’au début du XIVe s. La forteresse existe déjà en 1173-4. S. Maria Maggiore est cathédrale jusqu’en 1036, date à laquelle l’évêque Ugone la fait transférer à S. Rufin, où sont installées les dépouilles de saint Rufin ; l’église n’est consacrée qu’en 1228. Sujette à l’autorité impériale, Assise profite de la crise de l’empire de la fin du XIe s. pour instituer un gouvernement de Consuls et se déclarer commune libre de toute servitude féodale (décision capitulaire de 1210). Dans la forteresse résidait alors Corrado de Lützen, duc de Spoleto, homme étrange et cruel surnommé « l’Araignée dans la tête », placé là par l’empereur Henri IV. La reine impératrice Constance d’Avilla, la femme de Henri VI, y résida avec son fils le futur Frédéric II. En 1198, le pape Innocent III réclame le Duché et Assise, le territoire est rendu au pape et le peuple détruit la forteresse, reconstruite en 1367 à l’initiative du cardinal Egidio Albornoz et complété à partir de 1458. C’était une révolte antinobiliaire de bourgeois avides de conquérir le pouvoir jusqu’alors monopolisé par la noblesse ; l’insurrection fait tomber aussi les châteaux environnants. Parmi les nobles exilés figure la famille de Claire (Chiara Offreduccio di Favarone, 1194-1253). En 1202, Assise entre en guerre contre Perugia, sa rivale alliée aux nobles chassés de leurs terres. À la bataille de Collestrada, François est fait prisonnier pour un an. L’évêque remplace le gouverneur impérial. Cette révolution communale ne change rien à la situation misérable des paysans, artisans, serviteurs, mais initie l’âge d’or des marchands qui prennent une place prépondérante dans les Conseils, avec les hommes de loi et quelques nobles pas trop compromis avec le régime féodal. Parmi ces marchands, se trouve le père de François, Pietro di Bernardone, commerçant en tissus de Normandie et des Flandres, taffetas, brocards, velours, qui a pour clientèle la classe dominante d’Assise. Les espaces publics sont réorganisés en conséquence : Palais du Capitaine du Peuple à côté du Temple de Minerve, Tour du Peuple (1305), Palais des Prieurs (1338). Mais le tournant dans l’histoire de la ville est dû au développement du culte de François d’Assise. Tout Assise dépend de François et la ville nous apparaît comme sa ville, ce qui est une erreur : les vrais témoignages de François  sont dans les sites où il a passé sa vie. Mais à partir du XIIIe siècle, les pèlerins et les voyageurs ne virent souvent plus que la ville construite en l’honneur d’un François enfin récupéré par la hiérarchie dominante. Seul Goethe dédaigna les églises d’Assise, « les monstrueuses substructures des églises entassées, comme la tour de Babel, les unes au-dessus des autres » (Voir le texte en annexe) et ne s’intéressa qu’au Temple romain. Même le laïque Hippolyte Taine fut plein d’admirationpour les églises franciscaines et ne parla pratiquement jamais d’autre chose (voir son texte en annexe). Cela commença par Dante Alighieri quand il fait prononcer par Thomas d’Aquin l’éloge de François dans le Paradis (voir texte en annexe). Cela continua par Giosuè Carducci dans sa poésie sur Santa Maria degli Angeli (Voir en annexe). L’église destinée à contenir son tombeau est commencée dès 1228, hors les murs par le frère Élias après la mort de François, et conditionne le développement longitudinal de la ville, encore accru par la construction, à l’autre extrémité, de la basilique consacrée à sainte Claire, morte en 1253. L’enceinte est en conséquence agrandie en 1260 puis en 1316. L’Ordre franciscain, libéré des exigences de son fondateur, se développe très vite et prend un poids politique dominant : c’est ainsi qu’il obtient du pouvoir politique local en 1278 et qu’il fait confirmer dans la Constitution de 1319,  qu’aucun legs et aucune vente d’édifices de la ville ne serait fait à d’autres ordres mendiants masculins que l’Ordre franciscain.  Et l’église se mit alors à ressembler à une forteresse plus qu’à un monastère. La structure de la ville va alors se figer telle qu’elle est représentée dans le Gonfalon de la Peste de Niccolò Alunno, de 1468-1470, en bas du tableau (ci-contre à droite). Pendant tout le XIVe s., Assise s’épuisa dans les luttes entre gibelins (qui s’emparent du gouvernement en 1319) et guelfes soutenus par Perugia (qui reconquiert la ville en 1322), et dans les luttes religieuses entre les Spirituels franciscains, qui voulaient rester fidèles à l’enseignement de François et les Conventuels appuyés par la cour pontificale d’Avignon, qui voulaient adoucir la règle de pauvreté et abolir l’interdiction de posséder des biens (Relisez Le nom de la rose, d’Umberto Eco). En 1268, Bonaventure de Bagnoreggio fut élu ministre général de l’Ordre et rédigea une nouvelle biographie de François, achevée en 1263. Il renversait totalement la vision de François d’Assise entretenue par les premiers compagnons du saint, Léon, Ange et Rufin, et il donna une version officielle acceptable par l’institution (la « Legenda major ») qui devint la référence exclusive pour les fidèles comme pour les peintres : Bonaventure en accord avec le Chapitre général des frères de Paris de 1266 ordonne la destruction de tous les autres manuscrits de toutes les « Vies » de François écrites antérieurement. Ce n’est qu’au XIXe s. qu’on en retrouva quelques-unes, grâce au travail de recherche du protestant Paul Sabatier. L’Ordre suit désormais la voie tracée par Bonaventure  : les Franciscains deviennent un Ordre «mendiant» qui vit de la charité du prochain, alors que François avait interdit de demander l’aumône pour ne pas voler la part des pauvres et avait obligé les frères à vivre du travail de leurs mains en aidant les paysans, en servant les autres, en soignant les lépreux et en vivant dans les léproseries. François avait interdit de recevoir de l’argent, mais seulement un peu de nourriture, il avait interdit les maisons en dur et n’autorisait que les cabanes de branchages et de boue. Il n’autorisait qu’une tunique avec un capuchon et une corde pour ceinture, de n’importe quelle couleur, pourvu qu’elle soit pauvre ; il aimait peu les uniformes. Au fond, il ne voulait pas que ses frères forment un groupe à part : « L’Église était jusqu’alors allée « vers » les pauvres  ; François fit un changement de classe sociale et il se fit lui- même pauvre » (Giovanna Chiuini, Umbria, Touring Club Italiano, p. 266). Le développement d’Assise se fit ensuite dans cette ligne : en 1472, le couvent de S. François est consolidé par le colossal éperon de soutènement sur la vallée ; en 1569, on commença l’édification de S. Maria degli Angeli, selon le projet de Galeazzo Alessi ; en 1571, la cathédrale S. Rufin est restaurée, détruisant tout l’intérieur roman ; en 1615, on édifie la Chiesa Nuova et toute une série de palais privés qui modifient l’aspect de la ville et contribuent à la diminution de la population résidente de 5780 habitants en 1573 à 2756 en 1699. Le XIXe s. fut meurtrier pour Assise. À des fins de profit, on dispersa les oeuvres d’art meubles, et on détacha des fresques pour les vendre ; pour répondre à un renouveau du flux de pèlerins et de touristes à l’occasion de l’exhumation des corps de François (1818) et de Claire (1850), on construisit les premiers grands hôtels (Subasio, Giotto, Windsor-Savoie ...) indifférents à l’environnement. Pour le VIIe centenaire de la mort de François en 1926, on prit l’habitude de construire des édifices en faux roman ou faux gothique (Convitto Nazionale, Piazza Nuova en 1923-5 ; Palais des Postes, place de la Commune en 1926 ; Séminaire régional en 1930 ...). On décortiqua même des façades existantes pour les « médiévaliser ». Seul le nouveau Plan  Régulateur Général de 1956-1973 tenta d’endiguer le phénomène, sans grand succès. Aujourd’hui, le centre historique est plus un musée et un centre commercial qu’une vraie ville, la population en est de 3600 personnes sur le total des 26.000 habitants de la Commune, qui sont allés peupler les villages environnants actifs et industrialisés (alimentation, bonneterie, produits manufacturés, fer forgé, broderie : le « point d’Assise »). Le tourisme, même religieux, a souvent fait d’Assise un grand site commercial : il y a maintenant un « Restaurant Sainte Claire », une oenothèque « saint -Pierre », un restaurant « Buca di San Francesco », un hôtel « Sorella Luna », et j’ai vu il y a quelques  années une enseigne représentant des moines gras faisant cuire de la viande … 2) Visite de la ville (Les basiliques seront traitées à part) De la Place Supérieure, devant la Basilique, prendre la via S. Francesco, artère principale ouverte au moyen âge pour relier la piazza Grande à la basilique alors hors les murs. C’est là que furent installés les hôpitaux et l’hospice pour les pèlerins, mais aucune église : en 1265, Clément IV interdit toute construction d’église dans un périmètre de 750 m. de la basilique. Au 19A, palais Bernabei (milieu XVe s.), ancienne résidence de l’évêque Sperelli de Sanseverino, aujourd’hui siège d’un Musée Franciscain, puis quelques maisons d’aspect médiéval, certaines avec une «porte des morts ». À g., la Loggia dei maestri comacini (siège des constructeurs lombards, XIIIe s. remaniée au XVe S.). Faire un tour dans le vicolo S. Andrea jusqu’à la petite église S. Marguerite (XIIIe s.) : quartier médiéval suggestif et vue sur la basilique. Au N. 12, palais Giacobetti (XVIIe s.) qui contient la Bibliothèque municipale, et en face l’Oratoire des pèlerins (1457, ancienne chapelle de l’hôpital, ornée de très belles fresques de 1468 de Matteo da Gualdo). Au N. 8, palais Bindangoli, refait sur le modèle médiéval au XVIe s., puis Portico del Monte Frumentario, portique du plus ancien hôpital de la ville (1267). À côté, fontaine Oliviera (1570). On continue par la via del Seminario en passant sous l’arco del Seminario (cf. image à droite), limite des anciennes murailles romaines ; à dr., Séminaire (transformé au XVIIIe s.)  ; à g. le Collège missionnaire théologique des Frères Mineurs Conventuels (1911), puis la petite place Verdi où se trouve le Théâtre Communal Métastase (1836). La rue se prolonge par la via Fortini, sur le tracé de l’ancienne rue romaine, puis rejoint via della Portica et le Museo Civico installé dans les années ’30 du XXe s. dans la crypte S. Niccolò (1097) démolie en 1926 pour la construction du palais des Postes. C’est dans cette église que, selon la tradition, François et Bernard de Quintavalle eurent confirmation de leur mission en interrogeant 3 fois l’Évangile avec le rite « Sortes apostolorum » (on ouvre 3 fois le livre et s’il s’ouvre à la même page, c’est l’indication de la voie à suivre !). On entre dans l’aire archéologique qui s’étend sous l’actuelle piazza del Comune : Temple de Minerve et terrasse (IIe s. av.J.C.), visible du couloir intérieur du Musée. Piazza del Comune (ou Piazza Grande), précédée à g. par la fontaine Portica ; elle est refaite en 1926 (sur  la dernière arcade, chaire d’où prêcha S. Bernardin de Sienne en 1425). C’était la place du Marché, la place du Peuple, bordée par les résidences de l’aristocratie féodale qui sont démolies au moment de la révolution bourgeoise et remplacées à partir de 1212 par les édifices communaux. Les Consuls s’installent d’abord dans la « cella » du Temple de Minerve pour marquer le lien entre la République romaine et la commune médiévale ; puis sont construits successivement la Tour du Peuple, le palais du Capitaine du Peuple (avant 1282) et le palais des Prieurs : * Temple de Minerve : construit avant l’époque d’Auguste (3 e   quart du Ier s. av. J.C.) ; c’est un des édifices romains les mieux conservés, temple hexastyle (= à 6 colonnes) corinthien. La « cella », d’abord transformée en église (San Donato), fut remise aux Bénédictins, puis à la Commune qui installa la prison au rez-de-chaussée et les salles de réunion au 1 er  étage ; elle redevient une église en 1456 (Santa Maria sopra Minerva depuis 1539) ; la voûte est décorée au XVIIIe s. par Francesco Appiani. (Voir texte de Goethe en annexe). * Palais du Capitaine du Peuple, à g. du Temple ; on y ajoute les créneaux en 1927. À la base de la Tour du Peuple, mesure des briques et des  tuiles utilisée en 1348 (ci-dessus à droite). * Palais des Prieurs, sur le côté sud, complété en 1493 par un bâtiment destiné au gouverneur apostolique et au Mont de Piété. Sous le palais, à dr. se trouve la « volta pinta », passage voûté orné de grotesques (1556) qui donnait accès au bordel communal, puis devint centre du marché des céréales. Le palais a été gravement endommagé par le tremblement de terre de 1997. Au rez-de-chaussée est installée la Pinacothèque communale  consacrée aux fresques détachées des églises, oratoires, etc. (maintenant au 10, via S. Francesco). En descendant à g. du palais, sous la rue de l’arc des Prieurs, on arrive à la Chiesa Nuova (1615, édifiée aux frais de Philippe II d’Espagne sur les restes supposés de la maison du père de François. Intérieur entièrement décoré de peintures murales). Plus bas, oratoire de S. Francesco Piccolino  qui se dresse sur une étable où une légende raconte que la mère de François s’était réfugiée pour accoucher (autre exemple d’assimilation au Christ, dans la ligne de S. Bonaventure). En continuant par les ruelles ou par le corso Mazzini, la rue la plus animée de la ville, on arrive à la basilique Santa Chiara. De la place S. Chiara (Ci-contre à droite, au centre fontaine de 1872), vue sur la Valle Umbra et sur la Rocca. Avant la construction de la basilique en 1257, la place était bordée par l’église et l’hôpital San Giorgio (1111), à côté de laquelle se serait trouvée l’école fréquentée par François enfant. C’est là que fut déposé le corps de François et qu’advint en 1228 la canonisation ; c’est aussi là que fut déposé le corps de Claire morte à San Damiano en 1253.  De Santa Chiara, remonter à la cathédrale San Rufino. La place pourrait être l’emplacement du Forum romain et en tout cas d’un temple romain. Une ancienne basilique aurait abrité en 412 le corps de saint Rufin ( ? -238-239), ou martyr contemporain de S. Apollinaire de Ravenne (1er siècle). Quand l’évêque Ugone voulut le transférer dans la cathédrale Santa Maria Maggiore, le peuple s’y opposa, et il l’emporta dans le « tir à la corde » de la bière du saint qui resta donc à S. Rufin, construite depuis le VIIIe siècle, que l’évêque dut consacrer comme cathédrale en 1036 ! Elle est reconstruite à partir de 1140, mais consacrée seulement en 1253. * Façade de style roman ombrien typique, avec un clocher roman de la précédente église, décoré en haut par deux fenêtres géminées. Elle est divisée en trois parties ; la partie inférieure a trois portails flanqués de lions et de griffons, dont le portail central a une frette (un archivolte = una ghiera) à trois lunettes, le Christ sur le trône entre le soleil, la lune et la Vierge allaitant Rufin, entre des oiseaux qui  s’abreuvent et des lions. La partie médiane a trois rosaces. La troisième partie est un couronnement triangulaire avec un arc gothique à l’intérieur * Intérieur : plan basilical à 3 nefs divisé par des piliers, rénové en 1571 par Galeazzo Alessi (1512-1572). Le long des nefs, les dix autels sont séparés par des prophètes. Au début de la nef droite, fonts baptismaux (ci-dessous à g.) dans lesquels furent baptisés François, Claire, et peut-être Frédéric II de Souabe en 1197. Dans l’abside, choeur en bois sculpté de 1520 ; au centre, grand orgue du XIXe s. * Sacristie : par une petite porte à g., on descend dans l’oratoire de S. François où le saint priait avant de prêcher au peuple dans la cathédrale. On peut remonter face à S. Rufin jusqu’à la petite église Santa Maria delle Rose, construite bien avant le XIIe siècle sur un ancien temple circulaire, sur le mur romain qui est derrière le Temple de Minerve. On se retrouve alors derrière la Piazza Grande (Cf. image ci-contre à dr.). Des ruelles médiévales, que leur marginalité par rapport au centre a permis de garder presque intactes depuis le XIIIe siècle, conduisent jusqu’à la Porta Perlici (ci-contre à g.), ouverte dans le Nord de l’enceinte en 1316. De là les bons marcheurs peuvent monter à la Rocca Maggiore, l’ancienne forteresse de la féodalité germanique, connue à partir de 1173-74, détruite par la révolte populaire de 1198, reconstruite par le cardinal Albornoz en 1356 et aménagée par Pie II  et Sixte IV. Le cardinal renforce encore les fortifications en raccordant la Rocca Maggiore avec la Rocca Minore, plus à l’Ouest, par des murailles. Très belle vue sur la ville et sur la vallée. On peut voir plusieurs autres portes d’Assise : * d’abord au Sud la Porta San Francesco, par laquelle on arrive à la Basilique (ci-contre à g.), * Vient ensuite la Porta San Pietro, qui fait partie des anciennes murailles du XIVe siècle, et qui conduit à l’ancienne abbaye  bénédictine San Pietro, des Xe et XIe siècles, aujourd’hui Musée sur Saint François et la crèche, contenant aussi des sculptures modernes (ci-contre à dr.). * Toujours au Sud, la Porta del Sementone et la Porta Moiano (l’ancien Mons Iani, le Mont de Janus, qui laisse supposer qu’il y eut ici un Temple à Janus). * Tout en bas à droite, on arrive à la Porta Nuova, par laquelle on se rend à San Damiano * puis au Nord, la Porta San Giacomo se trouve au-dessus de l’ancien quartier des nobles, que la révolte de 1198 avait détruit. Plus bas, en redescendant par la via Metastasio (maison du père de Pietro Metastasio, 1698-1782)) puis par la via S. Paolo, on trouve la petite église San Paolo, de 1071. L’importance et la conservation des Portes révèlent la rénovation urbaine du XIVe siècle, quand la ville devient vraiment la ville de Saint Francois. Promenez-vous dans la ville ancienne, parcourez ses petites rues souvent en escalier, car elle est à flanc de montagne, par exemple entre San Rufino et Santa Chiara, et surtout ne vous contentez pas de visiter la basilique, n’oubliez pas les lieux franciscains.  
Assise - Forum romain  Ci-dessous, restes de l’amphithéâtre
Hôtel San Francesco dans la Via San Francesco
Palais des Postes Palais des Postes entrée. Piazza del Comune. De g. à dr. : Palais du Capitaine du Peuple, Tour du Peuple, Temple de Minerve,
Porte del Sementone, Moaino, Nuova et San Giacomo
3) Les Basiliques : a) S. Francesco « Que les frères se gardent bien de recevoir, sous aucun prétexte, ni églises ni humbles demeures, ni  tout ce que l’on construit pour eux, si cela n’est pas conforme à la sainte pauvreté que nous avons promise dans la Règle ; qu’ils y séjournent toujours comme des hôtes de passage, comme des étrangers et des pèlerins » (François d’Assise, Testament, dicté en 1226 à la veille de sa mort). Le Statut général de 1260 rappelait cette règle en l’atténuant. La transgression de la règle voulue par François est évidente si l’on considère la masse exceptionnelle de la basilique et du couvent ; la justification fut que l’église et son ornementation devaient servir à l’édification et à l’instruction des fidèles. En 1227, frère Elie, nommé par François vicaire général de l’Ordre, fut chargé par Ugolino di Segni, protecteur de l’Ordre et bientôt pape (Grégoire IX, 1145-1227-1241) de promouvoir une « specialis ecclesia  » comme église tombale du saint et « caput et mater » de l’Ordre. Le pape pose la première pierre le 17 juillet 1228, le lendemain de la canonisation de François ; la basilique inférieure, pour la tombe de François, est terminée en 1230. L’ensemble est consacré en 1253 par Innocent IV. En 1241 avait été élu général de l’Ordre l’Anglais Aymone de Faversham, qui fait venir de la main-d’oeuvre des pays du Nord des Alpes, ce qui explique les formes du gothique français de l’Église supérieure. En 1367, la chapelle de S. Catherine achève l’édifice. Le tremblement de terre de 1997 provoqua la chute de 180 m2 de fresques réduites en 400.000 fragments, dont 120.000 pour le seul S. Matthieu de Cimabue. La restauration en est presque achevée. ... Il y eut aussi 4 morts dans la basilique, et en Ombrie et Marches, 80.000 maisons détruites, des milliers de réfugiés logés sous des tentes. On en parle moins ... Structure de l’église inférieure : Intérieur en croix égyptienne, bon exemple de ce gothique italien plein  d’austérité romane : l’église inférieure, à dominante romane, recouvre le tombeau de François, elle veut donner l’impression d’une crypte plongée dans la pénombre, en opposition à la lumière de l’église supérieure, à dominante gothique, destinée à prêcher la lumière du salut apportée par François. La nef est divisée en 5 travées par des arcades basses en plein cintre ; voûtes à nervures dans la nef et en berceau dans le transept. La première travée, plus large, forme un narthex. Sur les côtés, de grands arcs brisés donnent accès aux chapelles. 1) Chapelle de S. Sébastien (1646), 2) Vierge de la Santé avec les s. Antoine abbé, François et Rufin (Ottaviano Nelli, 1462), 3) Sépulcre gothique (XIVe s.) peut-être d’une reine de Chypre (vase en porphyre) ou de Philippe I de Courtenay, empereur latin de Constantinople, 4) Chaire ou tribune de chantres (1458) ; sur le devant, 5 miroirs ornés d’incrustations de marbre blanc et rose du Subasio ; au-dessus, trois bulles papales se référant aux privilèges de la basilique, 5) Sépulcre de Jean de Brienne, roi de Jérusalem et empereur de Constantinople (fin XIIIe s.). Dans la partie postérieure de la travée, fresques de Cesare Sermei (1645). 6) Chapelle de S. Antoine Abbé (tombes des ducs de Spoleto), 7) Cimetière. 8) Chapelle de S Catherine d’Alexandrie (fresques et vitraux d’Andrea da Bologna, vers 1368). MURS DE LA NEF  : Fresques du Maître de S. François (1253), en partie détruites par l’ouverture des chapelles latérales : à dr., Histoires du Christ, à g., Histoires de S. François, oeuvre d’un artiste ombrien dit « le Maître de S. François ». Voûtes en croisillon peintes en bleu avec de grandes étoiles blanches. 9) Descente à la crypte (au centre de l’église), où fut retrouvé en 1818 le corps de François (urne de pierre au-dessus de l’autel). Dans les niches, corps des frères Léon, Rufin, Massée et Ange, et de la bienheureuse Jacopa dei Settesoli. La construction du sacellum de François est achevée en 1924. 10) Chapelle des S. Ludovic et Étienne, 11) Chapelle de S. Antoine de Padoue (fresques de Cesare Sermei, 1610 : S. Antoine prêche devant le pape et fait agenouiller une mule devant le S. Sacrement). 12) Chapelle de la Madeleine : fresques de Giotto (1305). Sur l’archivolte : Saints (Catherine, Agathe, André, Georges, Pierre, Matthieu, Agnès, Rose, Nicolas, Paul ermite, Paul apôtre, Antoine abbé). Sur la voûte : Jésus, Marie-Madeleine, Marie, Lazare. Sur la paroi gauche, de bas en haut : Tebaldo Pontano protégé par S. Rufin, Repas chez le Pharisien, Résurrection de Lazare, Communion et montée au ciel de Madeleine. Sur la paroi droite : Portrait de Pierre de Bar, le cardinal français qui a commandité la chapelle, au pied de Madeleine, Noli me tangere, Madeleine à Marseille et la princesse morte, Madeleine en conversation avec les anges. Sur l’arc d’entrée : Madeleine dans la grotte habillée par Zosime. 13) Grand autel (1253). Sur les retombées (le « vele ») de la voûte, fresques attribuées à Giotto  et surtout à ses élèves, dont celui qui est appelé le «  Maestro delle vele  » (avant 1322) : Réalisées selon un programme destiné à montrer la conformité entre François et Jésus, programme ambigu qui manifeste à la fois la grandeur exceptionnelle de François et l’impossibilité qu’il y a à l’imiter, à suivre une règle si dure, une pauvreté si totale... a) Allégorie de la Pauvreté : au centre, figure de la Pauvreté, à ses pieds des ronces qui derrière elle se transforment en roses ; le Christ lui tient la main droite et la tend vers François son époux dont elle reçoit l’anneau, qu’elle passe à l’Espérance, tandis que la Charité, ceinte de roses, offre son coeur aux époux. Sur les côtés, 2 groupes d’anges ; angle gauche : un jeune homme offre son manteau à un pauvre ; angle droit  : 3 jeunes gens (Orgueil, Envie, Avarice) dédaignent la Pauvreté. Aux pieds des époux, un chien aboie, un enfant jette un caillou, un autre frappe la Pauvreté avec un bâton ; au-dessus, un ange tend à Dieu un vêtement à ornements dorés, un autre les biens terrestres symbolisés par un édifice (Cf détail ci-dessous). b) Allégorie de la Chasteté : dans une tour crénelée avec un étendard blanc, symbole de pureté, se trouve la Chasteté à laquelle 2 anges présentent le diadème et la palme. La Pureté et la Force se penchent des remparts pour remettre une bannière blanche et un écu doré à un jeune homme qui se purifie pour entrer dans la forteresse. Des guerriers vénérables gardent les angles du château. À g. S. François suivi de 2 anges invite à rentrer 3 personnages, Dante (tertiaire franciscain), un frère mineur et une clarisse. Les 5 vierges prudentes de l’Évangile suivent François pour offrir la croix aux arrivants. Angle dr. : la Pénitence et 3 anges mettent en fuite Amour, Concupiscence, Impureté et Mort. c) Allégorie de l’Obéissance : Sous une loggia, l’Obéissance lève l’index pour imposer le silence et met un joug à un frère agenouillé. Sur les côtés, la Prudence bifrons avec compas, miroir et astrolabe et l’Humilité avec un cierge, sous laquelle un ange interdit l’entrée à un Centaure, symbole d’orgueil ; près de la Prudence, un couple demande à être soumis au joug. Sur les côtés de la loggia, 2 groupes d’anges, dont les premiers tiennent le « rhyton », corne de l’huile sacrée qui servait à oindre les rois (qui accepte le joug a droit au royaume des cieux, parce que souverain de lui-même). Sur le toit de la loggia, François porte un joug attaché par une corde reliée aux mains de Dieu. d) Apothéose et Gloire de François : François, revêtu d’un très beau vêtement, est assis sur son trône parmi les anges qui chantent ses louanges. Au-dessus, le palio, symbole de victoire. Dans l’épaisseur de l’arc qui unit le choeur à la nef, tondi qui représentent les premiers compagnons de François. 14) Voûte entièrement recouverte de fresques de disciples de Giotto sous sa direction : a) première bande de dr. à g. : Cimabue (Vierge à l’enfant sur le trône avec 4 anges et François, seul reste de la décoration primitive du transept), Scènes de la vie du Christ, Une petite fille de la famille des Sperelli tombe du haut d’une tour et reste indemne (miracle post-mortem attribué à François). b) seconde bande de dr. à g. : Crucifixion, Scènes de la vie du Christ, François montre un squelette. 15) Socle : Tombes des 5 compagnons de François avec leur portrait (disciple de Pietro Lorenzetti) ; Simone Martini : Vierge à l’enfant entre 2 saints rois, avec fond de tapisserie. Paroi du fond : Annonciation, Enfant exhumé des ruines d’une maison (portrait de Giotto dans la dernière figure à dr. et de Dante à côté de lui), François avec Soeur Mort, Résurrection de l’enfant (miracle post- mortem de François). 16) Chapelle de S. Nicolas : Tombe de Giovanni Orsini (1292). Sur les parois : fresques de disciples de Giotto, le Maître de S. Nicolas et le Maître de S. Claire (Histoires de S. Nicolas). Remarquer dans la paroi g. en haut : Un juif frappe le buste de S. Nicolas ! 17) Abside : Choeur en bois marqueté (1471), vitraux modernes (début XXe s.), Jugement dernier (Cesare Sermei, 1623). 18) Fresques de Pietro Lorenzetti (1315-1320) : a) Première bande de dr. à g. : François reçoit les stigmates, Capture de Jésus (Clair de lune : le  premier « nocturne de notre peinture » !), Cène (Noter la description d’une cuisine « bourgeoise » à côté du banquet), Flagellation.  b) Deuxième bande : Pendaison de Judas, Lavement de pied, Entrée à Jérusalem, Montée au Calvaire. À g. sur toute la hauteur : Crucifixion, Vierge à l’enfant entre François et Jean l’Évangéliste, à fond doré (Lorenzetti est siennois). Sous la fresque, une pierre recouvre la tombe de Marie de Savoie, fille de Charles Emmanuel I, tertiaire franciscaine (1656). Sur la paroi du fond : Descente dans les Limbes, Descente de Croix (vers 1330. Noter la violence dramatique des sentiments). 19) Chapelle de S. Jean-Baptiste ou Orsini : Cuivre repoussé (1926),  et au-dessus : Triptyque de Lorenzetti (1310-15 ?). 20) Chaire ornée de marbres polychromes (XIIIe s.). Dans la niche sur la tribune, Couronnement de Marie  et Miracle de S. Stanislas (Puccio Capanna, disciple local de Giotto. Stanislas, évêque et martyr, 1030- 1079, bienfaiteur des pauvres, Patron de la Pologne). Sous la tribune, fresque del la Bienheureuse Jacopa dei Settesoli. 21) Chapelle de S. Pierre d’Alcantara (Cf. encadré sur les saints franciscains). 22) Chapelle de S. Martin : Fresques de Simone Martini (entre 1312 et 1320). On y sent déjà l’influence de Giotto, mais on reste dans le monde précieux et raffiné de la peinture siennoise : a) Dans l’archivolte : fausses niches gothiques avec S. Madeleine, Catherine d’Alexandrie, Claire, Élisabeth de Hongrie, François, Antoine de Padoue, Louis de France, Ludovic de Toulouse (Ci-contre). b) Intérieur de la paroi d’entrée : Le cardinal Gentile Partino da Montefiore aux pieds de S. Martin (1321,  Commanditaire de la chapelle). c) Dans le reste de la chapelle, Histoires de S. Martin (Ci-contre à gauche , Le partage du manteau). 23) Sacristie (Vierge à l’enfant, anges, François et Claire, du Maître de Figline, disciple de Giotto). 24) Sacristie secrète, installée dans la base du clocher. Pour l’église supérieure, comme pour les autres parties de la Basilique, les plans  sont empruntés au Guide Rouge Umbria du Touring Club Italiano, La Biblioteca di Repubblica, cité dans la bibliographie. Structure de l’église supérieure : Bel exemple d’architecture monastique franciscaine destinée à la prédication : la forme de l’église  à nef unique, à 4 travées avec transept et abside polygonale, laissa libres de grandes surfaces bien éclairées permettant d’instruire les fidèles sur la vie de François, la vie de Jésus, etc. Espace très clair, grâce à la rosace de la façade, aux grandes fenêtres des travées et aux fenêtres bigéminées du transept ; le contraste est total avec la pénombre de l’église inférieure, qui contient le tombeau de François. Toute la décoration constitue un programme iconographique cohérent, qui veut donner une image de François conforme à l’interprétation de la biographie de S. Bonaventure : un François moins inquiétant et moins subversif, plus conforme à la norme ecclésiale dominante. 1) Fresques de Cimabue (1277-80  ?) (en mauvais état : les blancs ont noirci à cause de la décomposition de l’oxyde de plomb contenu dans la peinture) qui marquent une date dans l’histoire de la peinture : passage de la peinture byzantine à la peinture de goût latin occidental : * Crucifixion, * Cinq Scènes de l’Apocalypse : Vision du trône avec l’Agneau mystique (ici l’enfant), Hommage des 24 vieillards, Vision des 7 anges aux 7 plaies, Vision de la ruine de Babylone, Vision de S. Jean à Pathmos. Dans les vitraux, Histoires de la Genèse et Saintes (fin XIIIe s.). 2) Fresques du Maître « Oltremontano » achevées par Cimabue : Histoires de Marie (de l’Annonciation à Joachim au Couronnement). Dans l’abside, trône papal (XIIIe s.) et 102 stalles de choeur de Domenico Indivini (1491-1501). Vitraux des fenêtres géminées : Histoires et personnages de l’Ancien testament et Histoires de Jésus ( XIIIe s.). 3) Fresques du Maître « Oltremontano » (en haut), Histoires de la vie de S. Pierre (très abîmées), et de Cimabue (en bas), qui réalise aussi les fresques du transept : Crucifixion, les 4 Évangélistes avec en face la vue de la région qu’ils ont évangélisée : Matthieu et la Judée (détruit par le tremblement de terre de 1997), Jean et l’Asie, Luc et la Grèce, Marc et l’Italie. 4) Grand autel consacré en 1253. 5) PAROIS DE LA NEF: A) Au-dessus de la galerie et sur les côtés des fenêtres : 34 fresques avec Histoires de l’Ancien testament à g. et du Nouveau à dr. attribuées à Cimabue et à d’autres peintres (1277-80). Giotto, jeune élève de Cimabue, y a sans doute participé. B) 28 fresques sous la galerie, de Giotto ou sous la direction de Giotto (1296-1300). Entre les 2 cycles, Giotto (1266-1337) a fait de nouvelles expériences, à Florence (Arnolfo) et à Rome (peinture latine ancienne). a) Fresques du haut  : Fresques de dr. : 1) Séparation de la lumière et des ténèbres,  2) Création d’Adam,  3) Création d’Ève, 4) Péché originel, 5) Expulsion du Paradis, 6) (disparue), 7) Sacrifice de Caïn et Abel (disparu), 8) Caïn tue Abel, 9) Construction de l’Arche, 10) Déluge (presque disparu), 11) Sacrifice d’Isaac, 12) Abraham visité par les anges, 13) Ruse de Jacob, 14) Esaü devant Isaac, 15) Joseph vendu par ses frères, 16) Les frères de Joseph en Égypte (abîmé). Fresques de g. : 17) Annonciation, 18) Visitation (perdue), 19) Nativité, 20) Épiphanie, 21) Présentation au temple, 22) Fuite en Égypte, 23 ) Jésus au temple, 24) Baptême de Jésus, 25) Noces de Cana, 26) Résurrection de Lazare, 27) Capture de Jésus, 28) Flagellation, 29) Montée au Calvaire, 30) Crucifixion, 31) Déposition, 32) Maries au Sépulcre, 33) Ascension, 34) Pentecôte, et dans 2 médaillons, bustes de S. Pierre et S. Paul. b) Fresques de Giotto : Vie de S.François : I. Le saint jeune est honoré sur la place d’Assise par un homme simple. II, F. donne son manteau à sn pauvre (au fond panorama d’Assise de Porta Nuova, une des premières apparitions de vrais arbres dans la peinture). III, F. voit en rêve un palais plein d’armes, récompense de son aumône. IV, En prière à S. Damien, il entend la voix du Christ qui l’exhorte à restaurer l’église. V, Il rend ses vêtements à son père en présence de l’évêque d’Assise qui le couvre de son manteau. VI, Innocent III voit en rêve F. qui soutient le Latran. VII, Innocent III approuve la règle. VIII, F. apparaît à ses compagnons sur un char de feu. IX, Frère Léon voit le trône céleste réservé à F. X, F. chasse les démons d’Arezzo. XI, F. devant le Sultan propose l’épreuve du feu. XII, Extase de F. XIII, F. célèbre à Greccio la fête de la crèche (Noter la perspective de la croix, nouvelle à l’époque). XIV, F. fait jaillir une fontaine pour apaiser la soif d’un voyageur (Naturalisme du paysage). XV,  Sermon aux oiseaux (moineaux, cailles, chardonnerets, colombes... Giotto en peindra d’autres). XVI, Mort du Seigneur de Celano prédite par F. XVII, F. prêche devant Honorius III (Noter la perspective architecturale). XVIII, F. apparaît au chapitre des Frères Mineurs à Arles. XIX, F. reçoit les stigmates (iconographie de référence pendant des siècles dans la peinture italienne). XX, Mort et funérailles. XXI, F. apparaît à l’évêque d’Assise et à frère Augustin. XXII, Le patricien d’Assise, Jérôme, est convaincu de la réalité des stigmatesXXIII, Pleurs des Clarisses à S. Damien sur la dépouille de F. (riche façade inexistante en réalité, mais il faut montrer qu’on est un peu riche, malgré ce fou de F. !).  XXIV, Canonisation. XXV, F. apparaît à Grégoire IX  pour dissiper ses doutes sur la vérité des stigmates. XXVI, F.  guérit le gentilhomme d’Ilerda d’une blessure mortelle. XXVII, Il ressuscite une noble dame pour qu’elle se confesse. XXVIII, Il libère de prison Pierre d’Assise accusé injustement d’hérésie. Jusqu’alors, les peintres représentaient la vision de François recevant les stigmates (Fresque XIX) sous la forme d’un Séraphin, selon la tradition restée fidèle à l’idée d’une souffrance spirituelle assimilée symboliquement à la Passion du Christ et les plaies de François constatées à sa mort venaient de l’intérieur de son corps (traces de lèpre ?) et non d’une intervention extérieure. C’est Bonaventure qui instaure une nouvelle lecture : d’une part c’est la vision qui « imprime » les plaies dans le corps de François ; d’autre part le Séraphin se transforme lui-même en une image du Christ sur la Croix. Giotto suit le premier cette version dès ses fresques d’Assise en peignant un Christ en Croix et en mettant en rapport la vision et les plaies de François par un trait de lumière qui les relie.  De plus, l’habit de bure est pour la première fois ouvert sur la poitrine et montre aussi la plaie sur le côté. Giotto sera encore plus précis sur la représentation du Christ dans le tableua du Louvre de 1300. «  En attribuant les stigmates à une intervention divine, Bonaventure rendait la perfection de François inaccessible : François, d’un côté, restait le saint que l’on devait vénérer, cela d’autant plus qu’il portait dans sa chair les blessures du Christ ; mais de l’autre, et pour cette même raison, les frères n’étaient plus obligés d’imiter le fondateur, ni de rester fidèles à ses paroles dérangeantes et à son projet de vie chrétienne  » (Chiara Frugoni, Saint François d’Assise, La vie d’un homme, Préface de Jacques Le Goff, Hachette Littératures, 1999).                                                                              Page suivante
La Basilique dans une gravure de 1845