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            ITINERAIRE D’UN CHRETIEN REVOLUTIONNAIRE
Jean Guichard Itinéraire d’un chrétien révolutionnaire (toujours « révolutionnaire », mais plus très « chrétien ») Du passé faisons… notre avenir (plutôt que « table rase ») Anthologie de textes des années 1950 à aujourd’hui À mes amis Maryse et Robert Dubreuil,    Odile et Claude Py, Cécile et Jean Royer,  Françoise Ozil et Diego Zaccaria, Christian et Marie-Carmen Grenier, à Patricia et à mes enfants Éditeur : Site www.italie-infos.fr (Texte déposé - Reproduction interdite sans autorisation écrite antérieure de l’auteur) *** Préface Un chant révolutionnaire disait : « Du passé faisons table rase … ». Certes il voulait se débarrasser de tout ce qu’il y avait de trouble, de destructeur, d’oppressant dans le passé, mais il se trompait partiellement : casser n’est qu’un premier et primitif réflexe de ceux qui veulent détruire un système, mais on ne construit un avenir meilleur que si on assume ce qu’il y avait de bon et de beau dans le passé. On ne construit pas à partir de rien, Robinson Crusoé n’aurait pas survécu s’il n’avait recueilli tous les débris du bateau naufragé. Nous poussons aujourd’hui à partir de nos racines d’hier, comme le dit Guccini dans sa chanson. Le qualificatif de « chrétien révolutionnaire » ne me donne pas satisfaction. Mais je n’ai pas trouvé mieux. Il m‘indispose un peu parce que le mot « révolution » ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui, tant il s’est banalisé après avoir été honni : un changement de mode devient pour les médias une « révolution » de la mode. Et puis pour une seconde raison : je ne me considère plus aujourd’hui comme « chrétien », ayant quitté toute structure ecclésiale, n’ayant pas fait baptiser mes enfants, leur ayant laissé le soin de choisir eux-mêmes quand ils seraient grands, ne croyant plus à ladite « vie éternelle » après la mort ni à l’ensemble des dogmes que prêche l’Église catholique romaine qui n’est plus pour moi qu’une structure idéologico-politique, très importante certes, mais une parmi d’autres. Alors commençons comme ça, on verra un peu plus tard, « l’athéisme » ou l’agnosticisme non plus ne sont pas dogmatiques, mais toujours « conjoncturels ». Nous sommes aujourd’hui dans une situation difficile, en France, en Italie, et dans le monde, et une chose est frappante : on peine à penser et à théoriser cette nouvelle réalité, on ne parvient guère à créer les conditions d’une nouvelle politique porteuse d’une nouvelle société, plus humaine, et on semble même parfois ne plus croire qu’elle soit possible. Pris dans les communications mensongères de pouvoirs qui ne pensent qu’à se maintenir en place aux prochaines élections, relayés par une presse et une télévision qui ne visent qu’à nous distraire et à nous polariser sur des problèmes secondaires ou sur des boucs émissaires, nous tendons à nous réfugier dans notre jardin et à renoncer à « militer » pour changer le monde. Ou bien on essaie de se sauver en s’accrochant à de vieilles lunes comme ce qui n’est plus qu’un slogan vide, l’« unité de la gauche », sans contenu social et politique explicite. Et on se laisse prendre par l’esprit « présidentiel », alors que l’on conteste le régime « présidentiel », et la politique de « gauche » se résume alors pour les partis à la désignation d’UN candidat, dans une rivalité effrénée entre les ego. Or nous avons vécu, dans une autre période, l’espoir d’une « révolution », nous en avons connu les difficultés et les échecs, nous avons tenté de les analyser à partir de la pratique des nombreux groupes qui vivaient cette expérience passionnante. Alors, ces textes, qui étaient discutés et commentés dans beaucoup de cercles militants, de sections populaires de parti, peuvent peut-être nous aider à penser notre époque où nous sentons l’aspiration à un renouveau dans le monde entier, des USA avec Sanders à l’Espagne et à la Grèce avec Podemos et Tsipras, à la France avec « Nuit Debout » ou les « Gilets jaunes », même si on n’en parle plus beaucoup ou si on en parle mal et si ces structures se dégradent souvent, par manque d’expérience et de connaissance de l’histoire, en diverses formes de violence et de « gauchisme » ; beaucoup d’associations tentent de changer la situation, que ce soit celle des travailleurs, celle des migrants, celle des pays africains et asiatiques, des indiens ou des indigènes non reconnus, etc., de répondre aux problèmes de famine dus au réchauffement climatique et à l’exploitation par les multinationales, de promouvoir d’autres formes de vie culturelle, de développer dans la tête des gens d’autres idées que les clichés conservateurs et créateurs de peurs de l’opinion dominante. Ces textes peuvent nous aider à réfléchir et donc à agir autrement. Un seul exemple : les débats théoriques que nous avions alors sur la lutte idéologique en rapport à la lutte politique sont aussi la réalité d’aujourd’hui. Suffit-il de changer la majorité gouvernementale ou le Président de la République pour obtenir une société transformée ? Certains y ont cru, mais nous avons eu Mitterrand en 1981 et Hollande en 2012, et peut-on dire qu’ils nous aient fait entrer dans une société moins oppressante ? Des progrès, oui, c’est vrai, mais pas toujours, et d’autres majorités les auraient sans doute réalisés, c’est De Gaulle – que nous combattions – qui a fait la paix et donné son indépendance à l’Algérie, à sa façon et avec les côtés cruels de sa réussite…, la loi travail – celle de Macron comme celle de Hollande – donnait satisfaction au Medef plus qu’à une majorité de travailleurs, et la réforme constitutionnelle de Matteo Renzi, ex-dirigeant (ex-démocrate-chrétien) d’un parti ex-communiste, était votée aussi par la partie de la droite berlusconienne avec laquelle il gouvernait. Quant à celle de Macron … ? Alors, le problème est au-delà : changer de majorité ne suffit pas, et ne sert à rien si on n’a pas changé les valeurs et les normes idéologiques qui sont dans la tête de la majorité du « peuple », où domine souvent la peur, et des hommes au pouvoir qui les diffusent par les instruments qu’ils contrôlent. Ne faut-il pas se battre là-dessus ? On a dit sur cela dans les années 1960 et 1970 des choses trop oubliées aujourd’hui. Mais il faut surtout considérer que le monde a changé, que les luttes de classes se présentent autrement, en particulier à cause des changements technologiques, que les partis politiques n’ont plus la même place, que « gauche » et « droite » ont changé de sens et de forme, et que la vision d’avenir de Macron, si elle n’est pas nouvelle, est sans doute aujourd’hui la plus dangereuse, créatrice d’un monde déshumanisé, contrôlé dans tous ses éléments publics ou privés, et plus intelligent de ce qu’il faut faire pour transformer le capitalisme que les discours de Mélenchon (le meilleur représentant d’un passé dont on a la nostalgie),  d’Anne Hidalgo, de Yannick Jadot (souvent néoconservateur), de Laurent Wauquiez ou de Xavier Bertrand. Il ne s’agit donc pas de nostalgie, ni d’un goût morbide de contempler ce qu’on a été, au moment où la mort approche, mais de tenter de retrouver des racines enfouies et des analyses confirmées par l’évolution réelle, pour éviter de recommencer les mêmes erreurs et de connaître les mêmes échecs qui deviennent désespérants. Une « révolution » comme celle que nous rêvions est loin de la réalité d’aujourd’hui, la « classe ouvrière » dont nous parlions n’existe que sous d’autres forme. Enzo Traverso a fait là-dessus des réflexions très intéressantes dans son livre La mélancolie de la gauche ; un texte d’Umberto Eco écrit il y a 23 ans sur le « fascisme éternel » ressort actuellement, et il apparaît comme très actuel. Voilà le sens de ce recueil de textes sur divers problèmes qui étaient au cœur de nos rêves, de nos utopies, de nos actions quotidiennes, de nos « fois » sociales ou religieuses. Trop long, diront certains, à une époque où on a pris l’habitude de zapper, où le seul mode de communication « normal », c’est dix lignes maximum sur Facebook ou Twitter et quelques minutes de parole. Et parfois de lecture difficile ! Tant pis ! Lira qui voudra ! Peut- être que dans quelques années ou quelques dizaines d’années, cela trouvera des lecteurs ! Ou peut-être jamais personne … ? Dommage, tout sera peut-être mort !                                       J.G. 8 avril 2017 (revu : 07/09/2017 ; 30/12/2017 ; 06/12/2018 ; 09/01/2019, 13/05/2021) *** Table des matières (mise à jour le 19 mai 2021)    Préface (voir plus haut) - Première partie CHAPITRE I.1 : Pour agir il faut penser - Références de base. La Charte de Grenoble (1ère partie), 1946. CHAPITRE I.2 : Assurer la formation des militants. Réflexions sur une méthode d’étude des problèmes politiques. La base d’un socialisme laïque. 1959. CHAPITRE I.3 : Un nécessaire approfondissement théorique. Chrétiens pour le socialisme. Quel christianisme ?           Quel marxisme ? Décembre 1976. CHAPITRE I.4 : Deux exemples de rapports de formation. I.4.a : rapports parti- syndicats. I.4.b : Rapports Parti-          Associations locales, octobre 1970. CHAPITRE I.5 : L’IRRFA – La formation permanente d’adultes, « front secondaire » de lutte. - Deuxième partie - Pratiques de lutte idéologique CHAPITRE II.1.a : Lutte idéologique et lutte politique (extrait de : La pratique de la théologie politique - 1974) CHAPITRE II.1.b : Réponse à Renaud Dulong à la recherche d’une articulation correcte (janvier 1973) CHAPITRE II.2 : Idéologie et messianisme des classes moyennes (octobre 1965) CHAPITRE II.3 : Les profs, quelles solidarités ? (nov. 1974) CHAPITRE II.4 : Marx et l’utopie - utopie et lutte révolutionnaire (nov. 1969) - Troisième partie - Rapports avec les communistes et recherche d’une nouvelle forme de vie politique CHAPITRE III.1 : Le MLP, les communistes et le Mouvement de la Paix - La dégradation du Mouvement de la            Paix (février 1957) CHAPITRE III.2 : Le mouvement de mai et la stratégie révolutionnaire (juin 1968) CHAPITRE III.3 : Sur l’union de la gauche (mars 1971) CHAPITRE III.4 : Que faire de Perspectives Socialistes ? (Fin 1964) CHAPITRE III. 5 - Les Chrétiens et le socialisme (Juin 1973) CHAPITRE III.6 -À la recherche d'un parti nouveau - Problèmes d'unité   III.6.1- Rapport d'orientation UGS 21-09-1959. - Quatrième partie - Rapports avec l’Italie. Regards sur la politique de réformes des socialistes italiens CHAPITRE IV.1 : Discours de distribution des prix sur Danilo Dolci (juin 1958) CHAPITRE IV.2 : La crise ministérielle en Italie (juin 1957) CHAPITRE IV.3 : Après le congrès du P.S.I. (novembre 1963) CHAPITRE IV.4 : le « Testament » de Togliatti : une référence pour aujourd’hui ? (novembre 1964) CHAPITRE IV.5 : Après les élections italiennes (Décembre 1964) CHAPITRE IV.6 : Pourquoi l’élection du Président de la République italienne fut si longue : une étape dans la  réalisation du centre-gauche (février 1965) CHAPITRE IV.7 : Réalités italiennes (Juillet 1974) CHAPITRE IV.8 : Les Italiens ont voté (Juillet 1976) - Cinquième partie - Foi et politique. Révolution socialiste et permanence d’une foi chrétienne - Analyse de l’Église et de la théologie CHAPITRE V.1 : Une politique révolutionnaire conduit-elle à une rupture avec la foi. Hypothèses de travail (octobre 1972) CHAPITRE V.2 : Foi et politique. Problématiques en présence (1972-73) CHAPITRE V.3 : Communautés de base et contexte politique (août 1970) CHAPITRE V.4 : Options politiques et structures idéologiques de l’Église (novembre 1971) CHAPITRE V.5 : Foi chrétienne et théorie de la connaissance (août 1973) CHAPITRE V.6 : Les lunettes de l’Osservatore Romano (janvier 1974) CHAPITRE V.7 : Non aux vérités chrétiennes toutes faites (avril 1974) CHAPITRE V.8 : À propos de « Parole d’homme » de Roger Garaudy (septembre 1975) CHAPITRE V.9 : le langage symbolique est-il apolitique ? (juillet 1976). - Sixième partie - Les discussions sur les rapports entre les Chrétiens et le marxisme - Les débats autour d’Althusser. CHAPITRE VI.1 - Les chrétiens face au marxisme - Dialogue avec Alain Birou. CHAPITRE VI.2 - Article sur Louis Boisset : Un procès à refaire (mai 1975) CHAPITRE VI.3 - Louis Althusser ou la philosophie comme arme de la révolution (début 1978) CHAPITRE VI.4 - Les étapes d’une évolution vers l’athéisme et leur signification (octobre 1980) - Septième partie - Des « Chrétiens critiques » aux « Chrétiens marxistes ». CHAPITRE VII.1 - L’Assemblée Internationale des Chrétiens dans la révolution pour l’avenir des hommes (novembre  1973) CHAPITRE VII.2 - le passage par les Chrétiens marxistes -Un apport conjoncturel au marxisme et au christianisme (avec Jean Chabert, mai-juin 1974) CHAPITRE VII.3 - L’Assemblée des Chrétiens marxistes (novembre 1974) CHAPITRE VII.4 - Chrétiens - Marxistes (avec Christian Grenier, novembre 1976) CHAPITRE VII.5 - L’athéisme, question permanente. L’avenir de la foi ? (1976) - Approche « matérialiste » du récit de la « chute » de Genèse 3 (janvier-mars 1977). - Conclusion provisoire : Dialogue entre une voix que les hommes appellent dieu et un homme dans l'incertitude, 2018. - Table des matières Bibliographie de Jean Guichard