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Après la rencontre sur Pinocchio
Après la Rencontre chez Majolire sur Pinocchio, une lettre de Serge Pahon  : Bonjour Monsieur Guichard.  Mon nom est Serge Pahon. J'ai découvert l'INIS à l'occasion de mes activités bénévoles à la Librairie Majolire Bourgoin.  Je n'ai pas d'attache particulière avec l'Italie, mise à part la conscience d'une certaine proximité historique mais j'assiste aussi souvent que possible aux rencontres-débats que vous animez et que je trouve toujours très enrichissantes. J'étais hier à la présentation de "Pinocchio" de Collodi.  J'ai dû partir avant la toute fin de la rencontre et ne suis donc pas intervenu à la fin de votre présentation.  Mon intervention aurait d'ailleurs été plus un témoignage qu'une question et aurait pu se rapprocher de la question d'Anna sur la vision qu'ont les Français de "Pinocchio".  C'est ce témoignage que je me permets de vous vous transmettre ici.  J'ai dû découvrir et connaître "Pinocchio" à partir d'un livre français illustré, dont je ne me rappelle plus les références, composé d'un peu de texte accompagnant des illustrations, disons entre l'âge de 8 ou 10 ans.  Avant votre présentation de "Pinocchio", je pensais avoir très peu de souvenirs sur cette lecture de jeunesse.  Et puis très vite, à la lecture rapide de ce que vous avez appelé "Composition de Pinocchio" (les 36 chapitres) et en vous écoutant avec attention, détailler la vie, les deux vies de Pinocchio, je me suis rendu compte que la plupart des épisodes importants étaient restés gravés dans ma mémoire. Beaucoup d'images de ce livre venaient illustrer vos propos.  Le souvenir que je garde de l'histoire de "Pinocchio" me semble révélateur, je pense, de la manière dont est, (ou était ?), transmis et interprété "Pinocchio" dans les familles.  C'est bien sûr l'interprétation "petit pantin rebelle transformé en petit garçon sage" qui prévaut. Cette vision s'accompagne de conseils éducatifs annexes qui tous, vont dans le même sens. Quelques-uns détaillés très rapidement ici : les conseils d'adultes à écouter sous peine de se "brûler" (ch. 6), le père Geppetto qui se sacrifie pour éduquer Pinocchio (ch. 8), Pinocchio qui préfère s'amuser et qui en sera puni, l'écoute de la voix de la conscience (ch. 14), ne pas faire confiance aux amis de rencontre qui vous volent (ch. 18), devenir un bon petit garçon (ch. 25), la nécessité d'aller à l'école (ch. 32).... etc.  On nous expliquait qu'il ne servait à rien de vouloir mentir, car la vérité serait connue très vite... (nez qui bouge ou qui s'allonge, ou blanc sous les ongles). A l'image de l'allongement à répétition, du nez de Pinocchio qui révélait un mensonge.  Je précise que je suis né en 1954, et qu'au début des années 60, l'éducation parentale et familiale assez stricte et le catéchisme s'unissaient pour mettre les enfants "dans le droit chemin".  Quelques années plus tard, en 1972, la série "Pinocchio" était diffusée sur la première chaîne de l'ORTF bénéficiant d'une grande audience, la musique entêtante de Fiorenzo Carpi rythmait les escapades de "Pinocchio" et s'inscrivait dans nos mémoires.  Cette même musique que nous reprenions en choeur, avec les copains, en trottinant dans la nuit, après un repas trop arrosé, ... nous affranchissant ainsi de la tutelle parentale...  Je retiens votre interprétation d'un Collodi proche de l'anarchisme et d'une lecture différente de "Pinocchio", et vous félicite pour la clarté de vos interventions toujours présentées sans lecture de notes. J'aurais plaisir à vous retrouver lors de la prochaine rencontre-débat.  Cordiales salutations.                                                                                 Serge Pahon. 3 avril 2016
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