Poésie en musique - chapitre 35
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Chapitre 35 De nouveaux courants et  poètes du XXe siècle  : Guido Gozzano, Umberto Saba, Giuseppe Ungaretti Le XXe siècle ouvre en Italie une époque nouvelle et tourmentée, la nouvelle monarchie unifiée et indépendante commence à se stabiliser et à s’organiser, une nouvelle classe bourgeoise a pris le pouvoir sans éliminer pour autant le pouvoir aristocratique hérité du passé  ; mais l’industrialisation a aussi suscité l’apparition d’une force nouvelle, une classe ouvrière qui se syndicalise pour lutter plus efficacement dans ses revendications de diminution d’un temps de travail écrasant, d’amélioration des conditions de travail et de vie, d’accès à l’école et à la culture. Les luttes de classes s‘accentuent, dès le lendemain de la Guerre Mondiale, création du Parti Communiste Italien en janvier 1921, occupations d’usines, et finalement l’arrivée de 20 ans de fascisme, la seconde Guerre Mondiale et le vote de la République antifasciste en 1946-1948 avec le droit de vote accordé aux femmes… Le bouillonnement des mouvements sociaux, économiques et politiques est intense. Le mouvement des idées se transforme aussi, tous les arts voient apparaître des courants nouveaux  ; dans le  domaine littéraire et poétique, de nombreuses revues vont élargir la connaissance et la discussion de ce renouveau. En poésie, les jeunes, qui héritent des trois grands de l’époque précédente, Carducci, Pascoli et D’Annunzio, cherchent peu à peu s’en libérer et à inventer des formes nouvelles. En voici quelques-uns. Il Novecento apre in Italia  un’epoca nuova e tormentata, la nuova monarchia unificata e indipendente comincia a stabilirsi e ad organizzarsi, una nuova classe borghese ha preso il potere senza elimnare pertanto il potere aristocratico ereditato dal Pasato  ; ma l’industrializzazione ha anche suscitato l’apparizione d’una forza nuova, una classe operaia che si sindacalizza per lottare più efficientemente nelle sue rivendicazioni di diminuzione di tuntmpo di lavoro schiancciante, di miglioramento delle condizioni di lavoro e di vita, d’accesso alla scuola e alla cultura. Le lotte di classi s’accentuano, dall’indomani della Prima Guerra Mondiale, creazione del Partito Comunista d’Italia enl gennaio 1921, occupazioni di fabbriche, e finalmente l’arrivo di 20 anni di fascismo, la Seconda Guerra Mondiale e la votazione della Repubblica antifascista nel 1946-48, col diritto di votto dato anche alle donne… Il ribollimento dei movimenti sociali, economici e politici è intenso. Anche il movimento delle idee si trasforma, tutte le arti vedono apparire correnti nuove  ; nel campo letterario e poetico, numerose riviste allargarono la conoscenza e la discussione di quel rinnovo.. In poesia, i giovani, eredi dei tre grandi dell’epoca precedente , Carducci, Pascoli e D’Annunzio, cercano a poco a poco a liberarsene e ad inventare forme nuove. Eccone alcuni. 1) Guido Gozzano 1883-1916 Il naît à Agliè (banlieue de Turin) le 19 décembre 1883, quatrième enfant  d’une famille aisée  : son grand-père était un médecin propriétaire de terres et de plusieurs villas, son père Fausto Gozzano (1839-1900) était ingénieur constructeur de chemins de fer en Piémont, sa mère Diodata Mautino (1858-1947) était fille d’un Sénateur du Royaume, très éprise de théâtre et d’art. Guido Davide, Gustavo, Riccardo Gozzano fait ses études primaires chez les pères Barnabites puis à l’école Cesare Balbo, avec l’aide d’un précepteur privé, puis des études difficiles (c’était apparemment un gamin chahuteur) dans divers établissements. Son père meurt en 1900 de pleurésie, et il lui consacre en 1901 sa première poésie dédiée à sa mère. Il ne passe son baccalauréat qu’en 1903, et il publie sur une revue ses premiers vers, encore très inspirés de D’Annunzio. Il s’inscrit ensuite à la Faculté de Droit de Turin mais préfère suivre les cours de la Faculté des Lettres et fréquenter les bals du Cercle étudiant. Il participe à la Società della cultura fondée en 1898 par des intellectuels turinois, comme Luigi Einaudi, Guglielmo Ferrero, Francesco Porro de’ Somenzi, Gaetano Mosca, Enrico Thovez, Massimo Bontempelli, Carola Prosperi, Zino Zini, Piero Gobetti, Lionello Venturi, Felice Casorati, c’est-à-dire des philosophes, des littéraires, un astrologue, des écrivains, des peintres, des critiques d’art, etc. dans un but d’échanges professionnels et de volonté pédagogique. Gozzano est à la tête d’un groupe de jeunes assez critiques et bruyants, mais  malgré cela, la Société lui permet d’approfondir sa culture et de connaître en particulier l’œuvre des poètes français et belges comme Francis Jammes (1868-1938), Maurice Maeterlinck (1862-1949), Jules Laforgue (1860-1887), Sully Prudhomme (1839-1907), mais aussi des poètes italiens comme Arturo Graf (1848-1913) et Giovanni Pascoli (1855- 1912). Amalia Guglielminetti En 1906, il rencontre la poétesse Amalia Guglielminetti (1881-1941) à la Società di cultura, et engage avec elle une relation amoureuse  ; il publie en 1907 son recueil de poésies La via del rifugio qui le consacre comme un des meilleurs nouveaux poètes, suscitant de nombreux articles de presse favorables ou critiques. Il est malheureusement atteint d’une grave maladie pulmonaire de tuberculose. Ayant abandonné ses études juridiques pour se consacrer à la poésie, très soutenu en cela par sa mère, il publie en 1908 son œuvre la plus importante, I colloqui. Cherchant des climats plus favorables à sa maladie, il décide de voyager, et part en Inde de février à mai 1912 avec son ami Giuseppe Garrone, mais cela ne lui fait aucun bien. Il publie encore quelques textes, dont ses lettres de l’Inde, participe à la préparation d’un film sur François d’Assise jamais réalisé et meurt à Turin le 9 août 1916. Guido Gozzano en 1912 Sa poésie fait partie du mouvement  que l’on appellera «  crépusculaire  » qui comptait des poètes comme Marino Moretti (1885-1979), Fausto Maria Martini (1886-1931), Carlo Chiaves (1882-1919), Tito Marrone (1882-1967), Corrado Govoni (1884-1965), Sergio Corazzini (1886-1907), caractérisée par son goût de la mélancolie, sa référence aux petites choses de la vie, une poésie intimiste loin de tout sentiment héroïque ou épique et de tout grand idéal, à l’opposé de Carducci ou de D’Annunzio, et plus proche de Pascoli, comme s’ils avaient conscience d’arriver à la fin d’un grande tradition littéraire. Ces poètes vont donc chercher une forme de vers qui se rapproche de la prose, rompant avec la métrique traditionnelle. Textes de Gozzano chantés L’assenza  (1912) Le vide créé par le départ de la femme aimée est bientôt compensé par la contemplation des petites choses de sa vie quotidienne, et par le jardin dont les composantes habituelles sont transformées par le nouveau regard du poète et transcendées  : un papillon (Gozzano était passionné d’entomologie), la grenouille, le martin-pêcheur, les géraniums, les roses ne sont plus les réalités de la vie quotidienne, mais font que le poète se retrouve dans son enfance, un autre temps bien avant l’arrivée de la femme aimée. Et sa tristesse se dissipe à mesure que le jour s’efface et que reviennent la lune et la nuit où la femme reviendra. L’art se substitue à la vie, se fond avec elle et la rend supportable. Et les impressions de ce monde quotidien deviennent un tableau impressionnant et vibrant d’émotion, dans ces quatrains à rimes alternées (ABAB). Mais tout cela n’est qu’un substitut de baiser. La poésie sera toujours pour Gozzano un moyen d’échapper à sa terrible tuberculose qui l’emportera à 33 ans. Il vuoto creato dalla partenza della donna amata è poco dopo compensato dalla contemplazione delle piccole cose della sua vita quotidiana,  e dal giardino le cui componenti abituali sono trasformate dal nuovo sguardo del poeta e trascese  : una farfalla (Gozzano era appassionato di entomologia), la rana, il martin pescatore, i gerani, le rose non sono più le realtà della vita quotidiana, ma fanno che il poeta si ritrovi nella sua infanzia, un altro tempo molto anteriore all’arrivo della donna amata. E la sua tristezza si scioglie man mano che il giorno si cancella e tornano la luna e la notte in cui tornerà la donna. L’arte si sostituisce alla vita, si confonde con lei e la rende sopportabile. E le impression di questo mondo quotidiano diventano un quadro impressionante e vibrante di commozione, in quelle quartine con rime alternate (ABAB). Ma tutto quello è soltanto un sostituto di bacio. La poesia sarà sempre per Gozzano un mezzo di scappare alla sua terribile tisi chelo porterà via a 33 anni. L’assenza (Testo  : Guido Gozzano I colloqui, 1912 Musica  : Stefano Palladini e Nazario Gargano Poesia in musica, 1994) Un bacio. Ed è lungi. Dispare Un baiser. Et elle est loin. Elle disparaît giù in fondo, là dove si perde là-bas au fond, là où se perd la strada boschiva che pare la route dans le bois qui paraît un gran corridoio nel verde. un grand corridor dans le vert. Risalgo qui dove dianzi        Je remonte là où avant vestiva il bell’abito grigio :     elle portait son beau vêtement  gris : rivedo l’uncino, i romanzi je revois le crochet, les romans ed ogni sottile vestigio.... et chaque petite  trace… Mi piego al balcone. Abbandono        Je me penche au balcon. J’abandonne la gota sopra la ringhiera. ma joue sur la rampe. E non sono triste. Non sono Et je ne suis pas triste. Je ne suis più triste. Ritorna stasera. plus triste. Elle revient ce soir. E intorno declina l’estate. Et tout autour l’été décline. E sopra un geranio vermiglio, Et sur un géranium d’un rouge éclatant fremendo le ali caudate        en faisant frémir ses ailes ornées d’une queue si libra un enorme Papilio.... plane un énorme Machaon… L’azzurro infinito del giorno Le bleu infini du jour è come una seta ben tesa ; est comme une soie bien tendue  : ma sulla serena distesa mais sur sa surface sereine la luna già pensa al ritorno. la lune pense déjà à son retour. Lo stagno risplende. Si tace L’étang resplendit. La grenouille la rana. Ma guizza un bagliore se tait. Mais glisse une lueur d’acceso smeraldo, di brace d’émeraude embrasé, de braise azzurra : il martin pescatore.... bleue  : le martin-pêcheur… E non sono triste. Ma sono Et je ne suis pas triste. Mais je suis stupito se guardo il giardino.... étonné si je regarde le jardin… Stupito di che ? non mi sono Étonné de quoi  ? Je ne me suis sentito mai tanto bambino.... senti autant être un enfant… Stupito di che ? Delle cose. Étonné de quoi  ? Des choses, I fiori mi paiono strani ;         les fleurs me paraissent étranges  ; ci sono pur sempre le rose Il y a pourtant toujours les roses ci sono pur sempre i gerani.... Il y a pourtant toujours les géraniums … Ad un’ignota (après 1903) C’est un des nombreux textes où Gozzano évoque les femmes qu’il aurait pu désirer mais qu’il n’a jamais possédées, Graziella  (du roman de Lamartine, 1852), Virginia (celle de Paul et Virginie, de Bernardin de Saint-Pierre, 1788), Felicita (inspirée par Un cœur simple de Flaubert), Carlotta… Gozzano était très avide de contacts féminins  ; il avait fréquenté de nombreuses prostituées, écrit ou traduit d’Horace (Épode VIII) des poèmes érotiques, il quittait presque toujours les femmes qu’il avait possédées, Amalia Guglielminetti a été l’exception. Il fréquentait à Turin les loges des actrices (Lyda Borelli, Emma Gramatica ou sa sosie…) et il entretenait avec un ami une petite garçonnière  : voir son Elogio degli amori ancellari (1911). En même temps, Gozzano méprise ces aventures charnelles et il se demande si un jour il pourra «  aimer  » vraiment, car il n’a jamais aimé que sa mère. Alors il évoque volontiers des femmes idéales sans aucune description physique, il n’aime que les roses qu’il n’a pas cueillies (Voir la thèse de Maîtrise de Michela Parutto sur  http://tesi.cab.unipd.it/59550/1/Michela_Parutto_2018.pdf. Université de Padoue, 2017-2018). C’est l’apparition d’une de della salute, o vergine apparita, o via tutta fiorita di gioie non mietute  » (Le due strade). Graziella est aussi le Printemps, le retour à une enfance rêvée auprès de sa mère, mais c’est aussi le rempart contre la mort ces jeunes filles pures, comme Graziella sur sa bicyclette au sommet de la colline, qui lui permettra d’échapper à ses désirs sexuels  : «  O via qu’il sent venir à mesure que cette jeunesse s’éloigne. Gozzano arrive ainsi à l’idéal de la Signorina Felicita ou à cette inconnue sans corps, irrécupérable, lointaine, absente. Questo è uno dei numerosi testi in cui Gozzano evoca le donne che avrebbe potuto desiderare ma  non ha mai possedute, Graziella (del romanzo di Lamartine, 1852), Virginia (quella di Paul et Virginie di Bernardin de Saint-Pierre, 1788), Felicita (ispirata da Un cœur simple di Flaubert), Carlotta … Gozzano era molto avido di contatti femminili  : aveva frequentato molte prostitute, scritto e tradotto da Orazio (Epode VIII) poesie erotiche, abbandonava quasi sempre le ragazze da lui possedute, Amalia Guglielminetti è stata l’eccezione. Frequentava a Torino i camerini delle attrici (Lydia Borelli, Emma Gramatica o la sua sosia… ), e affittava con un amico una piccola  garçonnière : vedere il suo Elogio degli amori ancellari (1911). Nello stesso tempo, Gozzano disprezza quelle avventure carnali e si chiede se un giorno riuscirà ad «  amare  » veramente, ha sempre amato soltanto sua madre. Allora evoca volentieri donne ideali senza nessuna descrizione fisica, ama soltanto le rose mai colte (vedere la Tesi di laurea di Michela Parutto all’Università di Padova su  http://tesi.cab.unipd.it/59550/1/Michela_Parutto_2018.pdf, 2017-2018).  Soltanto l’apparizione di una di quelle ragazze pure, come Graziella sulla sua bicicletta in cima alla collina, gli permetterà di sfuggire ai suoi desideri sessuali  : «  O via della salute, o vergine apparita, o via tutta fiorita di gioie non mietute  » (Le due strade). Graziella è anche la Primavera, il ritorno ad un’infanzia sognata vicino a sua madre, ma è anche il rifugio contro la morte che sente venire man mano che la sua giovinezza si allontana. Gozzano arriva così all’ideale della Signorina Felicita o a quella sconosciuta senza corpo, senza nome, irrecuperabile, lontana, assente. Ad un’ignota (Testo  : Guido Gozzano Poesie sparse, Musica  : Stefano Palladini e Nazario Gargano L’anima sarà semplice com’era, 2001) Tutto ignoro di te : nome, cognome, J’ignore tout  de toi  : prénom, nom, l’occhio, il sorriso, la parola e il gesto ; l’œil, le sourire, la parole et le geste  ; e sapere non voglio, e non ho chiesto         et je ne veux pas savoir, et je n’ai même pas demandé il colore nemmen delle tue chiome. La couleur de ta chevelure. Ma so che vivi nel silenzio ; come Mais je sais que tu vis dans le silence  ; combien care ti sono le mie rime : questo        tu aimes mes rimes  : cela ti fa sorella nel mio sogno mesto,        fait de toi ma sœur dans mon rêve triste, o amica senza volto e senza nome. Ou mon amie sans visage et sans nom. Fuori del sogno fatto di rimpianto, Hors de mon rêve fait de regret, forse non mai, non mai c’incontreremo, peut-être que jamais, jamais nous ne nous rencontrerons, forse non ti vedrò, non mi vedrai.         Peut-être que je ne te verrai pas, tu ne me verras pas. Ma più di quella che ci siede accanto         Mais plus que celle qui est assise auprès de nous cara è l’amica che non mai vedremo ;         nous est chère celle que nous ne verrons jamais  ; supremo è il bene che non giunge mai ! suprême est le bien qui n’arrive jamais  ! Salvezza (1911) Gozzano écrit cette poésie quand il a déjà 27 ans et qu’il sent déjà venir la mort par tuberculose, et sa jeunesse (période joyeuse et insouciante, la plus belle de la vie) qui s’en va et ne reviendra jamais plus, «  le rire du matin  ». Un seul refuge, l’assoupissement, il sera heureux de s’endormir, le sommeil est le salut  ; le seul moment heureux de la journée était le matin, au réveil  ; la journée est la métaphore de  la vie entière, le sommeil un moment de régression vers l’enfance avant de reprendre contact avec le conscience douloureuse. Le texte est dédié à la chanteuse et actrice Emma Gramatica (Ci contre) pour «  son âme d’enfant qui a survécu  ». C’était le nom de scène d’Alda Laura Argia (1874-1965), une actrice connue qui a joué dans de nombreux films, Miracle à Milan, par exemple.   Gozzano scrive questa poesia quando ha già 27 anni e sente venire la morte per tisi e la gioventù (periodo allegro e spensierato, il più bello della vita) che se ne va e non tornerà mai più, «  il riso mattutino  ». Un solo rifugio, il sopore, sarà felice di addormentarsi, il sonno è la salvezza ; l’unico momento felice della giornata era la mattina, al risveglio  ; la giornata è la metafora della vita intera, e il sonno un momento di regressione all’infanzia prima di riprendere contatto con la coscienza dolorosa. Il testo è dedicato all’attrice Emma Gramatica per «  l’anima sua di bimba sopravvissuta  ». Era il nome di scena di Alda Laura Argia (1874-1965), un’attrice conosciuta che ha recitato in numerosi film, come Miracolo a Milano. SALVEZZA. (Testo  : Guido Gozzano, I colloqui, 1911  ; Musica  : Stefano Palladini e Nazario Gargano, Poesia in musica, 1994) Vivere cinque ore ? Vivre cinq heures  ? Vivere cinque età ?... Vivre cinq âges  ?... Benedetto il sopore Bienheureux l’assoupissement che m’addormenterà.... qui m’endormira… Ho goduto il risveglio J’ai joui du réveil dell’anima leggiera : de mon âme légère  : meglio dormire, meglio il vaut mieux dormir, il vaut mieux prima della mia sera. avant que commence mon soir. Poi che non ha ritorno Puisque ne revient pas il riso mattutino. le rire du matin. La bellezza del giorno La beauté du jour è tutta nel mattino. est toute dans le matin. 2) Umberto Saba (1883-1957) Il est né Umberto Poli en mars 1883 à Trieste, alors encore sous domination austro-hongroise. Son père était un agent de commerce, il se  convertit à la religion juive quand il épouse en 1882 sa mère, fille d’une famille juive aisée. Mais son père était sympathisant du patriote irrédentiste Guglielmo Oberdan (1858-1882), condamné à mort et exécuté le 20 décembre 1882 par un tribunal autrichien, et il dut s’enfuir alors que sa femme était enceinte  ; son fils ne le revit que 20 ans plus tard. Il fut élevé par une nourrice slovène catholique, Peppa Sabaz, en hommage à laquelle il prit en 1911 le nom littéraire de Saba, mais aussi en l’honneur de l’exégète Samuel David Luzzatto, son grand-père juif («  saba  » pouvait être traduit par «  personne âgée  » en hébreu). En l’absence de son père, il passe une enfance mélancolique, et lit beaucoup de classiques, en particulier Leopardi. Guglielmo Oberdan Il va à l’Université de Pise en 1903 et fréquente divers cours de littérature, archéologie, allemand, latin, sans passer aucun diplôme, il voyage un peu au Montenegro, et s’installe finalement à Florence où il fréquente le milieu littéraire de La Voce, la très importante revue culturelle créée en 1908 par Giuseppe Prezzolini et Giovanni Papini, que fréquentent tous les grands intellectuels italiens de l’époque. Il publie ses premières poésies sous un nom d’emprunt. Son service militaire de 1907 à 1908, lui inspire ses Versi militari. Revenu à Trieste, il rencontre et épouse Carolina Wölfler qui devient la Lina de ses poésies. Il ouvre une librairie de livres d’occasion et publie en 1911, sous le nom de Saba, ses Poesie, en 1912, Trieste e una donna, puis une œuvre théâtrale qui fut un fiasco. Il se transfère ensuite à Bologne, puis à Milan, où il gère le café du Théâtre Eden. Umberto Saba, 1946 Il participe à la Grande Guerre, puis découvre Nietszche et sombre dans une profonde dépression. Revenu à Trieste, après avoir géré une salle de cinéma, il fonde sa grande librairie de livres d’occasion. En 1922, il publie enfin son Canzoniere (1900-1921), suivi en 1926 de Figure e canti et commence à participer à la revue Solaria. Repris de troubles psychiques, il se décide à faire une analyse avec le même psychanalyste qu’Italo Svevo, tandis que les jeunes écrivains commençaient à découvrir la nouveauté de son œuvre. Il dira de son Canzoniere  : «  Le Canzoniere est l’histoire (nous aurions rien contre le fait de dire ‘le roman’, et à ajouter, si l’on veut ‘psychologique’) d’une vie pauvre (relativement) d’événements extérieurs  ;  riche, parfois jusqu’au spasme, de mouvements et de résonances intérieures » (Storia e cronistoria del canzoniere, 1948).. Les lois fascistes antisémites l’obligent à émigrer en France en 1938, puis, revenu en Italie, à se cacher à Florence, aidé par Eugenio Montale et Carlo Levi qui vivra jusqu’à la fin de sa vie avec sa fille Linuccia. Il publie à Lugano le recueil de ses Ultime cose. Après la guerre, il vit surtout à Trieste, reçoit plusieurs Prix littéraires, il est enfin reconnu et toutes ses œuvres seront publiées par Mondadori à partir de 1949. Il se convertit au catholicisme et se fait baptiser. Il meurt 9 mois après sa femme le 25 août 1957. Saba et la mer à Trieste Sa poésie a toujours voulu représenter la réalité existentielle quotidienne de l’homme et non des réalités extraordinaires. En accord avec ses expériences psychanalytiques, il faisait de sa poésie une enquête de conscience  ; être triestin signifie pour lui à la fois être attaché à la tradition italienne et être en avance sur elle par son contact avec la culture allemande (Heine, Freud, Nietzsche… )  ; il a souvent représenté Trieste, ses cafés, ses rues de façon simple et familière, la mer comme symbole de fuite et d’aventures, sa femme et sa fille, son enfance, son rapport à la nature et aux animaux, ses réactions à l’actualité. È nato Umberto Poli in marzo 1883 a Trieste, allora ancora sotto la dominazione dell’impero austro-ungarico. Suo padre era agente commerciale, si converte alla religione ebraica quando, nel 1882 sposa sua madre, figlia di una famiglia ebrea agiata. Ma suo padre era simpatizzante del patriota irredentista Guglielmo Oberdan (1858-1882), condannato a morte e impiccato il 20 dicembre 1882 da un tribunale austriaco, e dovette fuggire mentre sua moglie era incinta  ; suo figlio lo rivide soltanto 20 anni dopo. Fu educato da una balia slovena cattolica, Peppa Sabaz, in omaggio alla quale prese nel 1911 il nome letterario di Saba, ma anche in onore dell’esegeta Samuel David Luzzatto, il suo nonno ebreo («  saba  » si poteva tradurre in ebreo da «  persona anziana  »). In assenza del padre, passa un’infanzia malinconica in cui legge molti libri di classici, particolarmente Leopardi. Si iscrive all’Università di Pisa nel 1903 e frequenta diversi corsi di letteratura, archeologia, tedesco, latino, senza passare nessun diploma, viaggia un po’ nel Montenegro, e si stabilisce finalmente a Firenze dove frequenta l’ambiente letterario della Voce, un’importantissima rivista culturale creata nel 1908 da Giuseppe Prezzolini e Giovanni Papini, frequentata da tutti i grandi intellettuali italiani dell’epoca  ; Saba pubblica le sue prime poesie sotto un altro nome. Il suo servizio militare dal 1907 al 1908 gli ispira i suoi Versi militari. Tornato a Trieste, incontra quella che diventa sua sposa, Carolina Wölfler  che sarà la Lina delle sue poesie. Apre un libreria di libri usati nel 1911, sotto il nome di Saba, pubblica le Poesie nel 1912, Trieste e una donna, poi un’opera teatrale che è un fiasco. Si trasferisce poi a Bologna, e a Milano dove gestisce il caffè del Teatro Eden. La Libreria antiquaria di Saba a Trieste Partecipa alla Grande Guerra, poi scopre Nietzsche, dopo aver gestito una sala di cinema, e fonda la sua grande Libreria di libri usati. Nel 1922, pubblica infine il suo Canzoniere (1900-1921) seguito nel 1926 da Figure e canti e comincia a partecipare alla rivista Solaria. Ripreso sai suoi problemi psichici, si decide a fare un’ analisi con lo stesso psicanalista di Italo Svevo, mentre i giovani scrittori cominciano a scoprire la novità della sua opera. Egli dirà del Canzoniere  : «  Il Canzoniere è la storia (non avremmo nulla in contrario a dire “il romanzo”, e ad aggiungere, se si vuole, “psicologico”) di una vita, povera (relativamente) di avvenimenti esterni; ricca, a volte, fino allo spasimo, di moti e risonanze interne  ».(Storia e cronistoria del Canzoniere, 1948). Le leggi fasciste antisemitiche lo costringono ad emigrare in Francia nel 1938, poi, tornato in Italia, a nascondersi a Firenze aiutato da Eugenio Montale e da Carlo Levi che vivrà fino alla fine della sua vita con sua figlia, Linuccia. Pubblica a Lugano la raccolta Ultime cose. Dopo la guerra, vive soprattutto a Trieste, riceve parecchi Premi letterari, è finalmente riconosciuto e tutte le sue opere saranno pubblicate da Mondadori fin dal 1949. Si converte al cattolicesimo e si fa battezzare. Muore 9 mesi dopo la moglie il 25 agosto 1957. Il Caffè San Marco a Trieste La sua poesia ha sempre voluto rappresentare l’esistenza quotidiana dell’uomo e non delle realtà straordinarie. In accordo co le sue esperienze psicanalitiche, faceva della sua poesia un’indagine di coscienza  ; l’essere triestino significa per lui in una volta essere attaccato alla tradizione italiana e essere in anticipo su di lei dal suo contatto con la cultura tedesca (Heine, Freud, Nietzsche… ). Ha spesso rappresentato Trieste, i suoi caffè, le sue strade in modo semplice e naturale, il mare come simbolo di fuga e d’avventure, sua moglie, sua figlia, la sua infanzia, il suo rapporto alla natura e agli animali, le sue reazioni all’attualità. Amai Poésie de deux quatrain, d’un distique d’hendécasyllabes et d’un trisyllabes au vers 3. Les rimes s’enchaînent remarquablement  : vv. 2 et 3 identiques aux vv. 6 et 7  ; le dernier vers de chaque strophe rime avec le premier de la strophe suivante. Et «  amai  » est le mot thématique qui débute chaque strophe. Le début est la plus célèbre déclaration de poétique qui rappelle l’intention de Saba d’employer les mots les plus simples sans tomber dans la banalité. Il retrouve par là les vérités cachées au fond de notre conscience, que la poésie permet de redécouvrir  : l’autobiographie est constamment présente dans ses poésies  ; la poésie a une fonction de connaissance. La chanson commerciale, à Sanremo ou ailleurs, abonde de rimes de ce genre,  fiore/amore ou cuore/dolore. La poésie est dédiée à Federico Almansi (1924-1978), jeune poète dont Saba préface l’un des livres de poésies en 1948 (Cf. l’ouvrage d’Emilio Jona, Il celeste scolaro, Neri Pozza, Vicenza, 2015). Dans la dernière strophe, le jeu de cartes est une métaphore de la vie, et la «  bonne carte  » est la poésie.                                                                                  La synagogue de Trieste Lisons le texte de Vanessa Bassot dans son Mémoire de Maîtrise à l’Université Ca’ Foscari de Venise en 2016/2017  (http://dspace.unive.it/bitstream/handle/) : «  Voilà que maintenant Saba aboutit, après un voyage si douloureux, à sa propre vérité  ; il tourne son regard derrière lui et découvre, à travers la revendication de simplicité et d’authenticité de son art, la nécessité de la douleur, il découvre que les contingences qui ont fait de sa vie un parcours tout en montée peuvent être sublimées dans l’art et doivent être acceptées paisiblement, parce que maintenant l’approche de la sagesse que toutes ses  expériences de vie ont forgée lui permet une dernière prise de conscience fondamentale  : l’existence de «  la bonne carte laissée à la fin du jeu  ». L’affirmation qui conclut la poésie condense toutes les allusions que nous avons trouvées dans les vers qui d’abord souhaitaient et progressivement donnaient une forme toujours plus définie à l’idée d’une existence qui aurait su, à son sommet, devenir sereine, sanctionnant la possibilité d’une rédemption qui rachetât tout le mal souffert. Pour ceci, Amai n’est pas seulement une poésie qui, dans la beauté de sa simplicité, donne une définition de la poétique de Saba, mais c’est un texte qui contient l’histoire d’un parcours, poétique et biographique, jusqu’à son terme ultime  » (p. 81). Poesia di due quartine, un distico d’endecasillabi e di un trisillabo al verso 3. Le rime s’incatenano in modo notevole  : vv. 2 e 3 identici ai vv. 6 e 7  ; l’ultimo verso di ogni strofa rima col primo della strofa seguente. E «  amai  » è la parola tematica che inizia ogni strofa. L’inizio è la più celebre dichiarazione di poetica che ricorda l’intenzione di Saba di usare le parole più semplici senza cadere nella banalità. Così ritrova le verità nascoste in fondo alla nostra coscienza, che la poesia permettre di riscoprire  : l’autobiografia è sempre presente nelle sue poesie  ; la poesia ha una funzione conoscitiva. La canzone commerciale, a Sanremo o altrove, è piena di rime del genere, fiore/amore o cuore/dolore. La poesia è dedicata a Federico Almansi (1924-1979), giovane poeta del quale Saba scrive la prefazione del suo libro di poesie nel 1948 (Vedere il libro di Emilio Jona, Il celeste scolaro, Neri Pozza, Vicenza, 2015). Nell’ultima strofa, il «  gioco  » a carte è una metafora della vita, e la «  buona carta  » è la poesia. Leggiamo il testo di Vanessa Bassot nella sua Tesi di Laura all’Università Ca’ Foscari nel 2016/2017  (http://dspace.unive.it/bitstream/handle/) :  « Ecco che ora Saba approda, dopo tanto doloroso peregrinare, alla propria verità ; volge lo sguardo all'indietro e scopre, attraverso la rivendicazione della semplicità e dell'autenticità della propria arte, la necessità del dolore, scopre che le contingenze che hanno fatto della sua vita un percorso tutto in salita possono essere sublimate nell'arte e devono essere pacatamente accettate, perché adesso l'approdo alla saggezza che tutte le sue esperienze di vita hanno forgiato gli concede un'ultima, fondamentale, consapevolezza : l'esistenza, cioè, de « la mia buona / carta lasciata al fine del mio gioco ». L'affermazione che chiude la lirica condensa i tanti accenni che abbiamo trovato nei versi che prima auspicavano e progressivamente davano una forma sempre più definita all'idea di un'esistenza che avrebbe saputo, al suo culmine, rasserenarsi, sancendo la possibilità di una redenzione che riscattasse tutto il male sofferto. Per questo Amai non è solo una lirica che, nella bellezza della sua semplicità, dà una definizione della poetica sabiana, ma è un testo che contiene la storia di un percorso, poetico e biografico, fino al suo termine ultimo  » (p.81).   Amai (Umberto Saba, Mediterraneee, 1946 Musica  : Stefano Palladini e Nazario Gargano, Poesia in musica, 1994) Amai trite parole che non uno J’aimai des mots ressassés que personne osava. M’incantò la rima fiore n’osait employer. Elle m’enchanta la rime fleur amore,         amour, la più antica difficile del mondo. la plus ancienne et la plus difficile du monde. Amai la verità che giace al fondo, J’aimai la vérité qui gît au fond de nous, quasi un sogno obliato, che il dolore presque un rêve oublié, que la douleur riscopre amica. Con paura il cuore redécouvre comme une amie. C’est avec crainte que le cœur le si accosta, che più non l’abbandona. S’approche d’elle, et ne l’abandonne plus. Amo te che mi ascolti e la mia buona         Je t’aime, toi qui m’écoutes et ma bonne carte carta lasciata al fine del mio gioco. abandonnée à la fin de mon jeu. (Le distique final n’est pas enregistré par Palladini) L’addio - Dopo la giovanezza Ces textes pensent sans doute à la crise de 1911, où la femme de Saba tombe amoureuse d’un autre homme et quitte Saba jusqu’à son retour en 1912. Lina fut malgré tout durant toute sa vie la muse de Saba (il y eut aussi son amour paternel pour sa fille, Linuccia) et son grand amour. Questi testi pensano probabilmente alla crisi del 1911, anno in cui Lina si innamora d’un altro uomo e lascia Saba fino al suo ritorno nel 1912. Lina fu malgrado tutto durante tutta la sua vita la musa di Saba  (ci fu anche l’amore paterno per sua figlia, Linuccia) e il suo grande amore. L'addio           L’adieu (Testo  : Umberto Saba Il canzoniere, 1922 Musica  : Stefano Palladini e Nazario Gargano, Poesia in musica, 1994) Senz'addii m'hai lasciato e senza pianti ; Sans adieux tu m’as quitté et sans pleurs  ; devo di ciò accorarmi ?                dois-je m’en affliger  ? Tu non piangevi perchè avevi tanti, tu ne pleurais pas parce que tu avais tant, tanti baci da darmi.        tant de baisers à me donner.   Durano sì certe amorose intese        Oui, elles durent certaines ententes amoureuses quanto una vita e più.         Autant qu’une vie et plus. Io so un amore che ha durato un mese, Je connais un amour qui a duré un mois e vero amore fu.                Et ce fut un amour véritable. Dopo la giovanezza 1                     Après la jeunesse I (Testo  : Umberto Saba La serena disperazione, 1913-1915 Musica  : Stefano Palladini e Nazario Gargano, Poesia in musica, 1994) Non ho nulla da fare. Il cuore è vuoto,         Je n’ai rien à faire. Mon cœur est vide e senza il cuore la saggezza è un gioco. Et sans le cœur la sagesse est un jeu. Non potrei, per compenso, ricordare,          Ne pourrais-je pas, en compensation, rappeler e come nuovo l’antico cantare ?         et chanter l’ancien comme nouveau  ? Ma il ricordo fa male alla ferita,         Mais le souvenir fait mal à la blessure, che dí per dí mi riapre la vita ;         que la vie rouvre en moi jour après jour  ; e del bene goduto resta poco,         et du bien dont on a joui il reste peu de choses, ma il male è lungo quanto il tempo e immoto. Mais le mal est aussi long que le temps et immobile. Meglio ch’io faccia come altrove, Il vaut mieux que je fasse comme si j’étais ailleurs e vada
cercando intorno a me nella contrada ; et que je cherche autur de moi dans la campagne  ; meglio saziare sol per gli occhi il cuore, mieux vaut rassassier lecoeur rien que pour les yeux, e attendere, se mai torna, l’amore ; et attendre, si jamais il revenait, l’amour  ; l’amor che ci fa astri anche delusi, l’amour qui fait de nous des astres, même déçus, e quando canta, canta ad occhi chiusi. Et quand il chante, chante les yeux fermés. La tua gattina (Testo  : Umberto Saba, Trieste e una donna, 1912 Musica  ; Silviero Pisu Silviero Pisu cantai poeti d’oggi, 1964) La tua gattina è diventata magra. Ta petite chatte est devenue maigre. Altro male non è il suo che d’amore : Son mal n’est rien d’autre qu’un mal d’amour  : male che alle tue cure la consacra Un mal qui la consacre à tes soins. Non provi un’accorata tenerezza ? N’éprouves-tu pas une tendresse pleine de tristesse  ? Non la senti vibrare come un cuore Ne la sens-tu pas vibrer comme un coeur sotto alla tua carezza ?                sous ta caresse  ? Ai miei occhi è perfetta come te À mes yeux elle est aussi parfaite que toi questa tua selvaggia gatta, ta chatte sauvage, ma come te ragazza e innamorata, mais comme toi, une petite fille amoureuse, che sempre cercavi, che senza pace toi qui cherchais toujours, toi qui sans paix qua e là t’aggiravi, che tutti dicevano : tournais ça et là, si bien que tout le monde disait  : « È pazza ». È come te ragazza. «  Elle est folle  ». Elle est comme toi, petite fille. 3) Giuseppe Ungaretti (1888-1970) Il est né à Alexandrie en Égypte le 8 février 1888, de parents italiens, son père (1842-1890) était ouvrier employé au creusement du Canal de  Suez et meurt des suites de son travail, sa mère (1850-1926) continue à assurer la gestion d’un four, ce qui lui permet d’envoyer Giuseppe  dans une école suisse réputée d’Alexandrie. Il eut une nourrice soudanaise, une domestique croate, une aide ménagère argentine, et beaucoup d’amis de diverses nationalités. Il se passionne pour la poésie, en particulier française (il lit le Mercure de France) et italienne (par La Voce), lisant Rimbaud, Mallarmé, Baudelaire, Leopardi, Nietzsche, aidé par son ami Mohammed Sceab. Il fréquente Giovanni Prezzolini (1882-1982), le poète et dramaturge Enrico Pea (1881-1958) et un cercle socialiste et anarchiste, la «  Baracca Rossa  ». Ungaretti, 1917 En 1912, il part à Paris pour faire ses études universitaires, suivant les leçons d’Henri Bergson, de Joseph Bédier, de Fortunat Strowski avec qui il fait une thèse sur le poète Maurice de Guérin (1810-1839). Il se lie d’amitié ou fréquente les milieux artistiques parisiens, Guillaume Apollinaire, Giovanni Papini, Ardengo Soffici, Pablo Picasso, Giorgio De Chirico, Georges Braque. Soutenu par eux, il publie ses premières poésies, puis s’engage dans l’armée italienne pour participer à la Grande Guerre dont il était partisan. Engagé au Carso, puis en France en Champagne au printemps 1918, il écrit son carnet de campagne, publié à 80 exemplaires en 1916. Après la guerre, il reste à Paris comme correspondant du Popolo d’Italia, dirigé par Benito Mussolini, puis comme employé de l’ambassade d’Italie. Il publie Allegria di naufragi en 1919. Il se marie avec Jeanne Dupoix, une enseignante de français, dont il aura 3 enfants. Puis rentre en Italie, à Marino, près de Rome en 1921. En 1925, il signe le Manifeste des Intellectuels fascistes. Il voyage pour faire des conférences, écrit, publie Il porto sepolto, préfacé par Mussolini, se bat en duel avec Massimo Bontempelli à cause d’une polémique journalistique. À partir de 1931, il voyage beaucoup, publie Il sentimento del tempo en 1933,  et rapporte de ses voyages Il povero nella città, publié en 1949. Il reste au Brésil, où il perd un fils de 9 ans, jusqu’en 1942, et cela lui inspire ses poésies de 1947 (Il dolore) et de 1952 (Un grido e paesaggi). Il est nommé Académicien d’Italie par Mussolini en 1942, et sera exclu de l’enseignement public en 1944, mais il est réintégré en 1947 par un ministre démocrate-chrétien, Guido Gonella  ; et il reste universitaire jusqu’en 1965. Ungaretti 1968 Plus tard, de 1966 à 1969, au Brésil, il a une relation amoureuse passionnée avec une jeune avocate afro-brésilienne, Bruna Bianco (1940- ), il nous en reste 400 lettres. Il obtient beaucoup de succès en Italie, en particulier grâce à la télévision, et en 1968, le pays fête ses 80 ans  ; Mondadori inaugure sa collection des Meridiani en 1969 par l’intégrale des œuvres d’Ungaretti  ; il reçoit un grand prix international à New York en 1970 et meurt à Milan le 2 juin 1970. Ses funérailles sont cependant célébrées sans aucune participation officielle de gouvernement. Une de ses œuvres importantes est L’Allegria, republiée en 1931, où il réélabore le message des symbolistes et d’Apollinaire. Désir de fraternité dans la douleur, le mal et la mort dans la guerre, affirmation de l’importance de la parole et de la poésie, unique possibilité de se sauver de «  l’universel naufrage  ». Il fut presque aussitôt apprécié en Italie et en France par Apollinaire et Louis Aragon. Il a été un nouveau point de départ de l’histoire de la poésie italienne. È nato ad Alessandria in Egitto l’8 febbraio 1888, da genitori italiani, suo padre (1842-1890) era operaio impiegato allo scavo del Canale di Suez et muore da malattia dovuta al lavoro, sua madre (1850-1926) continua ad assicurare la gestione d’un forno, il che le permette di mandare Giuseppe in una scuola svizzera conosciuta d’Alessandria. Lui ebbe una balia sudanese, una domestica croata, una badante argentina e molti amici di diverse nazionalità. Si appassiona per la poesia, particolarmente quella francese (legge il Mercure de France) e quella italiana (attraverso La Voce), leggendo Rimbaud, Mallarmé, Baudelaire, Leopardi, Nietzsche, aiutato dal suo amico Mohammed Sceab (1887-1913). Frequenta Giovanni Prezzolini (1882-1982), il poeta e drammaturgo Enrico Pea (1881-1958) e un circolo socialista e anarchico, la «  Baracca Rossa  ». Nel 1912, parte a Parigi per fare studi universatari, seguendo le lezioni di Henri Bergson, Joseph Bédier, Fortunat Strowski col quale  presenta una Tesi sul poeta Maurice de Guérin (1810-1839). Si lega d’amicizia o frequenta gli ambienti artistici parigini, Guillaume Apollinaire, Giovanni Papini, Ardengo Soffici, Pablo Picasso, Giorgio De Chirico, Georges Braque. Aiutato da loro, pubblica le prime poesie, poi, entra nell’esercito italiano per partecipare alla Grande Guerra in cui aveva sostenuto l’intervento. Impegnato nel Carso, poi in Francia in Champagne nelle primavera del 1918, scrive il suo taccuino di campagna, pubblicato ad 80 copie nel 1916. Dopo la guerra, resta a Parigi come corrispondente del Popolo d’Italia, diretto da Benito Mussolini, poi come impiegato dell’Ambasciata d’Italia. Pubblica Allegria di naufragi nel 1919. Si sposa con un’insegnante di francese, Jeanne Dupoix, dalla quale avrà tre figli. Poi torna in Italia a Marino, vicino a Roma nel 1921. Nel 1925,  firma il Manifesto degli intellettuali fascisti. Viaggia per fare conferenze, scrive, pubblica Il porto sepolto, con prefazione di Mussolini, si batte in duello con Massimo Bontempelli per una polemica giornalistica. Dal 1931, viaggia molto , pubblica Il sentimento del tempo nel 1933, e porta dai suoi viaggi Il povero nella città, pubblicato nel 1949. Resta in Brasile, dove perde un figlio di 9 anni, fino al 1942, e questo gli ispira le sue poesie del 1947 (Il dolore) e del 1952 (Un grido e paesaggi). È nominato Accademico d’Italia da Mussolini nel 1942, e sarà eliminato dall’istruzione pubblica nel 1944 per collaborazione col fascismo, ma sarà reintegrato nel 1947 da un ministro demo-cristiano, Guido Gonnella, e resta docente universitario fino al 1965. Più tardi, dal 1966 al 1969, al Brasile, ha una relazione amorosa appassionata con una giovane avvocata italo-brasiliana, Bruna Bianco (1940- ), ce ne restano 400 lettere. Ottiene molto successo in Italia, particolarmente grazie alla TV, e nel 1968, il paese festeggia i suoi 80 anni  ; Mondadori inaugura la sua collana dei Meridiani nel 1969 coll’integrale delle opere d’Ungaretti. Riceve a New York nel 1970 un gran Premio internazionale e muore a Milano il 02 giugno 1970. I suoi funerali sono celebrate senza nessuna partecipazione ufficiale del governo. Una delle sue opere importanti è l’Allegria, ripubblicata nel 1931, in cui ha rielaborato il messaggio dei simbolisti e di Apollinaire. Desiderio di fraternità nel dolore, il male e la morte nella guerra, affermazione dell’importanza della parola e delle poesia, unica possibiltà di salvarsi dall’  «  universale naufragio  ». Fu quasi subito apprezzato in Italia e in Francia da Apollinaire e Louis Aragon. È stato un nuovo punto di partenza nella storia della poesia italiana. Nasce forse (Testo  : Giuseppe Ungaretti L’Allegria, Ultime, 1931 Musica  : Silviero Pisu, S. Pisu canta i poeti d’oggi, 1965) C’è la nebbia che ci cancella, Il y a la brume qui nous efface, Nasce forse un fiume quassù un fleuve naît peut-être là-haut Ascolto il canto delle sirene        J’écoute le chant des sirènes Nel lago dov’era la città.        Dans le lac où se trouvait la ville. RETOUR A LA TABLE DES MATIERES     CHAPITRE 36 - De nouveaux courants et poètes du XXe siècle : Dino Campana, Salvatore Quasimodo, Sandro Penna